Réduire l’empreinte carbone du numérique, un chantier complexe

Réduire l’empreinte carbone du numérique, un chantier complexe

Réseaux, data centers, terminaux. Une étude commune de l’Arcep et l’Ademe se penche sur l’impact environnemental du numérique. Elle met en lumière la complexité et l’ampleur du chantier, auquel tout le monde va devoir contribuer, acteurs industriels comme utilisateurs.

Avec un numérique générateur de croissance économique, mais contribuant également à l’empreinte carbone (2,5 % de l’empreinte carbone au niveau national), il s’agissait de faire un état des lieux et de commencer à identifier les réajustements possibles pour répondre aux objectifs 2030 et 2050 de la Commission européenne et aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Après une mission commune de 18 mois confiée en août 2020 par le Ministère de la Transition écologique et le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance qui visait à mesurer l’empreinte environnementale du numérique en France et à identifier des leviers d’actions et des bonnes pratiques pour la réduire, l’Arcep et l’Ademe rendent aujourd’hui leur premier rapport.

Les terminaux et la fabrication en ligne de mire

Le périmètre de l’étude s’étend à trois composantes matérielles que sont les terminaux, les réseaux et les centres de données (ou data centers). “Des trois composantes du numérique qui constituent le périmètre de l’étude, ce sont les terminaux (et en particulier les écrans et téléviseurs) qui sont à l’origine de 65 à 90 % de l’impact environnemental”, note le rapport. “De toutes les étapes du cycle de vie des biens et services considérées, la phase de fabrication est la principale source d’impact, suivie de la phase d’utilisation, concentrant souvent à elles deux jusqu’à 100 % de l’impact environnemental”, apprend-on également.

Le rapport donne un autre chiffre assez parlant : “La consommation électrique pour les services numériques en France est estimée à 48,7 TWh, ce qui peut être comparé à la consommation totale de 475 TWh, signifiant que les services numériques sont responsables de 10 % de la consommation électrique française”. Il souligne aussi l’existence d’autres indicateurs environnementaux pour décrire l’impact environnemental du numérique, au-delà de l’empreinte carbone : les radiations ionisantes et l’épuisement des ressources naturelles.

Du pain sur la planche, pour tout le monde

Cet état des lieux est présenté comme “une première étape d’un chantier à plus long terme”. Il montre notamment “le besoin d’approfondir la connaissance des impacts, de collecter des données et de permettre à terme l’ouverture de bases de données publiques sur la question”.

Le rapport souligne aussi “la nécessité d’impliquer tous les acteurs”, aussi bien les entreprises concevant des services numériques, matériels ou logiciels pour les amener vers de l’écoconception, que les particuliers et entreprises qu’il va falloir sensibiliser “à un usage vertueux, sobre des services numériques”. L’Arcep dispose d’ailleurs d’un nouveau pouvoir, celui de collecter les informations sur l’empreinte environnementale d’une pluralité d’acteurs comme les gestionnaires de centre de données, les fabricants de smartphones, les opérateurs télécoms et équipementiers ou encore les systèmes d’exploitation mobile. L’autorité administrative publiera son baromètre vert chaque année dans son rapport sur l’état d’Internet en France. En cas de refus de partage des données, des sanctions pourront être prononcées.

Rendez-vous en mai

“Sur la base de ces premiers travaux, l’Ademe et l’Arcep ont également lancé une analyse prospective des impacts du numérique à 2030 et à 2050 sur la base des 4 scénarios Ademe”, indique en effet le rapport. Les résultats de ces résultats doivent être rendus en mai 2022.