Start-ups : les investissements explosent et déjà 25 licornes françaises

Start-ups : les investissements explosent et déjà 25 licornes françaises

Les investissements dans les start-ups ont explosé en 2021, et ça n’est pas fini. De quoi favoriser l’émergence de licornes françaises.

“On s’attendait à une très forte croissance au vu du premier semestre, mais pas forcément avec cette ampleur”, explique Franck Sebag, associé d’EY. D’après le dernier baromètre annuel de l’organisation, 11,6 milliards d’euros ont été injectés en 2021 dans les jeunes pousses tricolores. Soit bien au-delà des 10 milliards attendus. Environ 2 milliards ont déjà été levés, rien qu’en janvier 2022. “C’est l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire qui enchaînent les levées de fonds à laquelle nous assistons. Et il n’y a pas de raisons que cela s’arrête”, explique-t-il.

Le cap des 25 licornes atteint 3 ans en avance

En un an, la croissance des investissements a atteint les 115 %. Elle était de “seulement” 7 % en 2020, en raison des investissements gelés sur fond de crise sanitaire, 39 % en 2019. 2021 comptabilise 22 levées de fonds de plus de 100 millions, contre seulement 9 en 2020. “Mais il n’est pas non plus inintéressant de regarder la catégorie inférieure à 100 millions qui a également fortement cru et qui identifie les sociétés qui prendront le relais”, note Franck Sebag. Les start-ups ayant levé moins de 100 millions d’euros ont cumulé 6,6 milliards d’euros, contre 3,7 milliards un an auparavant. “Il y a à la fois un phénomène de rattrapage et un effet licorne. Plus il y a de licornes dans un écosystème, plus il y a d’argent pour en financer de nouvelles”, analyse Franck Sebag.

De quoi favoriser l’émergence de nouvelles licornes, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars. L’objectif d’Emmanuel Macron était d’atteindre les 25 entreprises d’ici 2025. Grand investisseur, Xavier Niel estimait fin 2021 que “l’objectif sera atteint d’ici la fin de l’année”. Le fondateur de Free ajoutait même : “je pense que nous devrions parler de décacornes maintenant (NDLR : plus de 10 milliards de dollars)”. Avec six nouvelles licornes ce mois-ci, soit un total de 26, l’objectif est atteint avec 3 ans d’avance et sera largement dépassé en 2025. “On nous disait que c’était impossible. Et qu’au fond, la start-up nation était du vent. Mais collectivement, nous y sommes arrivés et avec trois ans d’avance”, se félicite aujourd’hui le président de la République.

Le phénomène start-up en Europe

Aussi active soit-elle, la France n’est pas la seule à miser sur les start-ups. Les jeunes pousses ont levé 32,4 milliards d’euros au Royaume-Uni, 16,2 milliards d’euros en Allemagne, 7,6 milliards d’euros en Suède et 5,8 milliards d’euros aux Pays-Bas. Dans ces pays, les progressions sur un an oscillent entre 148 et 219 %.

“Pour les deux premiers du classement européen, il y a un effet de rattrapage, car ils avaient moins bien résisté que nous durant la première année du Covid, analyse Franck Sebag. Mais ils ont surtout une base de licornes plus forte qui tirent les plus gros investissements. Cela veut dire qu’il ne faut pas s’endormir et que, d’un point de vue économique, on n’en fait pas trop”, explique Franck Sebag.

Sources : Les Echos et Le Figaro