L’Autorité de la concurrence a tranché : Salto, l'”alternative” française à Netflix aura bien le droit d’exister mais avec quelques contraintes

L’Autorité de la concurrence a tranché : Salto, l'”alternative” française à Netflix aura bien le droit d’exister mais avec quelques contraintes

L’Autorité de la concurrence a finalement rendu sa décision concernant la création de Salto, la plate-forme OTT Française créée par les groupes France Télévisions, M6 et TF1. Celle-ci sera possible, mais sous certaines conditions. 

Avec cette nouvelle plateforme les trois groupes entendent proposer une réponse ambitieuse aux nouvelles attentes du public avec un service de qualité, innovant et simple d’accès. Cette plateforme proposera une offre d’une variété sans égal : information (JT, magazines, événements spéciaux), sports, divertissements, fictions françaises, série US, documentaires et cinéma. Mais la gestation du projet a été longue notamment dû au fait que la Commission européenne avait jugé que l’Autorité de la concurrence devait étudier cette opération de concentration, au regard notamment de l’impact de cette opération sur le marché français et de l’expérience de l’Autorité dans ce secteur.

Aujourd’hui c’est chose faite et c’est à travers un communiqué que le verdict est tombé : Salto pourra bien exister en France. " Après une instruction riche et détaillée, éclairée par l’avis émis par le CSA, l’Autorité autorise sous conditions la création de cette entreprise commune.". Cependant, les groupes TF1, France Télévisions et M6 devront respecter quelques consignes. 

Les trois groupes se sont ainsi engagés à " limiter " leurs possibilités d’achats de droits de diffusion linéaires et non-linéaires " couplés". La « distribution de chaînes de la TNT en clair et de leurs services et fonctionnalités associés" en exclusivité sur Salto sur ne sera pas possible, ou seulement des "exclusivités temporaires". Mais ce n’est pas tout, l’Autorité a souhaité d’autres engagements de la part des groupes.

Parmi eux, au niveau de la publicité que pourraient faire les groupes pour la plate-forme : ils devront ainsi" limiter les possibilités de promotion croisée entre leurs chaînes et la plateforme Salto" et la plateforme devra payer ses espaces publicitaires au même prix que les autres. Pas de pub gratuite pour Salto sur les chaînes du groupe. La plate-forme sera également limitée dans sa capacité "d’approvisionnement en contenu exclusifs", donc les groupes ne pourront pas retenir trop longtemps leurs programmes exclusifs sur Salto.

Cela semble être une bonne nouvelle pour les cadres des groupes de chaînes télés concernés, et malgré les limitations requises par l’Autorité de la concurrence, ils se sont fendus d’un tweet et d’un communiqué annonçant même le lancement de Salto pour le premier trimestre 2020. Comme ici par exemple dans le tweet de Gilles Belisson, PDG du groupe TF1, relayant le communiqué du compte officiel de Salto.