Des voix s’élèvent pour réclamer aux géants du Net la publication des algorithmes de leurs plates-formes

Des voix s’élèvent pour réclamer aux géants du Net la publication des algorithmes de leurs plates-formes

Alors qu’une loi européenne est en préparation et vise à mieux encadrer les géants du Numérique, un rapport du Sénat suggère d’y inclure une plus grande transparence sur le fonctionnement des plates-formes. Cette transparence passerait par la publication des algorithmes à l’œuvre.

“Le modèle économique des grandes plates-formes repose sur l’exploitation par des algorithmes, aussi puissants qu’opaques, de très grandes quantités de données – en particulier de données à caractère personnel”, expliquent les sénatrices Florence Blatrix Contat et Catherine Morin-Desailly pour justifier cette proposition de “rendre publics les algorithmes”, lesquels pourraient faire l’objet d’“audits réguliers”.

Il s’agirait de permettre à des tiers d’étudier les “risques potentiels pour les droits fondamentaux”, avant une “première utilisation et après chaque modification substantielle”. Et la tâche s’annonce particulièrement ardue, sachant que les algorithmes sont le nerf de la guerre. Ce sont eux qui permettent d’exploiter les nombreuses données récoltées et de façonner l’expérience utilisateur. Les plates-formes concernées sont évidemment opposées à une telle mesure.

Selon les deux sénatrices, la présidence de l’Union européenne était une occasion pour la France de proposer une telle mesure pour parvenir à une avancée significative dans le Digital Service Act, au-delà de chantiers comme la modération des contenus illicites. Or, elle n’en fait pas partie.

Elles y voient “une occasion manquée de réformer réellement le cadre juridique pour les géants du Net”. Quoi qu’il en soit, les deux sénatrices militent pour une “adoption rapide” d’un “cadre efficace de lutte contre les contenus illicites et préjudiciables en ligne, propre à constituer un référentiel au niveau mondial”. Cela leur apparait “souhaitable” au regard de l’urgence.

Source : Le Figaro