L’Etat propose une “itinérance généralisée” aux opérateurs, Free pourrait en profiter au grand dam de ses rivaux

L’Etat propose une “itinérance généralisée” aux opérateurs, Free pourrait en profiter au grand dam de ses rivaux

 

Mais quelle mouche l’a piqué ? Bien décidé à éradiquer les déserts numériques, le gouvernement a fait une proposition très surprenante aux opérateurs, la mutualisation complète de leur réseau mobile. De quoi donner un avantage certain à Free Mobile arrivé en dernier sur le marché. Pour Orange, SFR et Bouygues, c’est une hérésie.

Rien n’est fait, le sujet divise au sommet de l’Etat. Le projet est toutefois bien réel mais jugé « techniquement irréaliste » du côté de Bercy. Selon les révélations du Canard Enchaîné, Julien Denormandie, ministre du Logement, a reçu récemment à tour de rôle, Stéphane Richard, PDG d’Orange, Alain Weill patron d’Altice-SFR et Martin Bouygues afin de leur proposer « une itinérance généralisée », en d’autres termes une mutualisation complète de leur réseau. Cela permettrait à chaque abonné de basculer automatiquement sur les fréquences de tous les opérateurs. De quoi couvrir davantage les zones grises, où souvent un seul téléphoniste est présent.

En réaction, c’est la douche froide pour Orange, SFR et Bouygues. « Nous avons investi des milliards dans nos réseaux, pourquoi devrions-nous partager nos fréquences ? Autant nationaliser tout de suite ! » s’insurge l’un d’entre-eux. Un autre s’interroge : « qui paierait la location à qui ? Quand le dernier, suffoque : « Free en retirera un avantage concurrentiel évident ».

En effet, si ce projet venait à voir le jour, Free Mobile serait pour le moins avantagé. A l’heure actuelle, l’opérateur de Xavier Niel dispose d’une couverture 4G plus faible de la population et du territoire sans oublier un nombre de sites moins conséquent. Par ailleurs, son contrat d’itinérance avec Orange sur la 3G, véritable plaie pour les abonnés, prendra fin en 2020. C’est une évidence, pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde, le chemin est encore long. Si cela arrive, les enchères sur les fréquences tomberont aux oubliettes.