RMC Sport, Canal+ et consorts : le piratage des contenus sportifs, et notamment du foot, est en hausse

RMC Sport, Canal+ et consorts :  le piratage des contenus sportifs, et notamment du foot, est en hausse

Le piratage des contenus sportifs a augmenté ces dernières années en raison d’une fragmentation de l’offre, de prix jugés trop élevés et des problèmes techniques. La pratique concerne essentiellement le football.

“Le piratage des contenus sportifs se renforce depuis plusieurs années”, selon un état des lieux dressé par le CSA à propos des contenus sportifs audiovisuels disponibles en France et de leur consommation. Selon l’autorité administrative, la pratique constitue ainsi “un enjeu majeur”. Pour étayer ce constat, le rapport donne un chiffre : “en 2019, 17 % des internautes français de 15 ans et plus ont déjà eu recours à des moyens illégaux pour accéder à des contenus sportifs en ligne”.

Pour les éditeurs de contenus, cette concurrence d’acteurs illégaux incite à ne pas s’abonner ou à se désabonner. Pour les chaînes gratuites, cela se traduit par une perte d’audience et une dévalorisation des espaces publicitaires. Quant aux chaînes payantes, cela représenterait un manque à gagner estimé à plus de 30 % (environ 80 millions d’euros en 2019, sur 260 millions).

Trois raisons : la fragmentation de l’offre, le prix et les soucis techniques

Trois raisons ressortent pour expliquer ce piratage, à savoir la fragmentation de l’offre (en particulier de l’offre footballistique), le prix que les téléspectateurs jugent élevé et les problèmes techniques potentiellement rencontrés.

Le rapport met aussi en lumière les nouvelles pratiques de piratage avec 70 % des consommateurs illicites de retransmissions sportives en direct pratiquant le livestreaming, 21 % des consommateurs pirates passant par des boîtiers dits IPTV et 14 % des consommateurs pirates utilisant les réseaux sociaux (en direct pour 22 % des consommateurs pirates et via des liens pour 83 %). 66 % des internautes consommateurs de contenus sportifs piratés ont d’ailleurs recours au moins une fois par mois aux réseaux sociaux. C’est plus que pour les films (45 %) ou même les séries (52 %).

Le ballon rond, principal concerné

“Le football concentre la majorité de la consommation illicite de contenus en livestreaming”, indique le rapport du CSA. Là encore, quelques chiffres viennent donner une idée de l’ampleur du phénomène. L’audience pirate par journée atteignait les 229 000 pour la Ligue Europa en 2018, les 366 000 pour la Ligue 1 de 2018 et les 677 000 pour la Ligue des Champions de 2018.