L’arrivée de Free Mobile a été un “séisme, d’une violence inouïe” d’après SFR, Bouygues Telecom grince toujours des dents

L’arrivée de Free Mobile a été un “séisme, d’une violence inouïe” d’après SFR, Bouygues Telecom grince toujours des dents

En marge de la célébration des 10 ans de l’Autorité de la concurrence mardi dernier, Free, Orange, SFR et Bouygues sont revenus tour à tour sur l’aspect concurrentiel du marché et ce notamment depuis l’arrivée du 4ème opérateur : Free Mobile. 

C’est l’une des décisions les plus fortes du gendarme de la concurrence en matière de télécoms : avoir milité pour l’arrivée de Free Mobile en 2012 en tant que quatrième opérateur mobile. Ce lancement tonitruant aux effets que l’on connaît depuis sur le marché a permis une baisse historique des prix et plus de concurrence. Nos confrères de La Tribune ont profité de l’anniversaire de l’Autorité pour recueillir à cette occasion les témoignages des quatre opérateurs sur le sujet. 

Maxime Lombardini, président du conseil d’administration d’Iliad, a pour sa part vanté, il fallait s’en douter, les "effets globalement très positifs" de l’arrivée de Free Mobile sur le marché . Il a par ailleurs jugé que « les quatre opérateurs se portent tous bien, la France est très bien équipée ». 

Free : "un séisme […] d’une violence inouïe" dans les télécoms

De quoi agacer Alain Weill, patron d’Altice, lui aussi de la partie. « Incontestablement, l’arrivée de Free Mobile a été un séisme, un mouvement d’une violence inouïe pour les trois autres opérateurs », a t-il réagi. Et de rappeler, « Quand Altice a pris le contrôle de SFR, l’entreprise n’investissait plus depuis deux ou trois ans. Le réseau mobile était totalement défaillant, et la couverture 4G était de 30% quand elle était de 70% ou 80% chez les autres. Certains disent qu’il y a pas eu de conséquences pour l’emploi, mais sur 15.000 collaborateurs de SFR, il y en a 5.000 qui ont quitté l’entreprise. » Malgré tout, Alain Weill s’est dit satisfait de l’ouverture du marché.

Si l’arrivée de l’ex-trublion a mis à mal l’opérateur au carré rouge, Orange préfère quant à lui botter en touche. Stéphane Richard, pdg de l’opérateur historique, a simplement mis en garde contre « les conclusions un peu simples et hâtives qu’on peut tirer » suite à l’arrivée de Free Mobile et à la forte baisse des prix en France, rapporte le quotidien. Selon l’agrume, disposer de beaucoup d’opérateurs dans un marché pour garantir la concurrence, comporte des limites.

Place enfin à la tornade Bouygues Telecom. L’opérateur vient de perdre une bataille juridique face à Free autour de l’accord sur l’itinérance Orange mais n’en démord pas : « Quand on regarde ce qui s’est passé, c’est grâce à cette décision qu’on a pu avoir le fort développement de Free Mobile », a déclaré Olivier Roussat. Et d’ajouter « Finalement, l’autorité s’est dit [qu’en permettant à Free d’accéder, via Orange, à une itinérance 3G, Ndlr] qu’on était peut-être allé un poil trop loin. Et elle a expliqué que cela devait s’arrêter en 2018. Cela dit, on est en 2019 et le contrat d’itinérance ne s’est pas arrêté ! Mais c’est une manière de rééquilibrer les choses. » Pour rappel, Free et Orange ont signé un avenant à leur contrat d’itinérance 2G/3G, celui court jusqu’à la fin 2020. Cet accord met en oeuvre le désengagement progressif de Free Mobile de son itinérance sur le réseau de son rival. La loi permet à l’Arcep de demander la modification des contrats si cela s’avère nécessaire à la réalisation des objectifs de régulation. Après avoir validé l’avenant du contrat des deux opérateurs, le régulateur avait également confirmé celui de Bouygues et SFR autour du partage de leurs réseaux mobiles dans les zones moins peuplées. De quoi faire des économies. Pour autant, l’opérateur de Martin Bouygues estime que Free Mobile a profité d’un avantage certain qui lui a permis de casser les prix d’un marché et de se moquer de la concurrence, tout en n’assurant que partiellement son service, avec des débits bridés lors du basculement sur le réseau Orange.