Consolidation : pour L’ARCEP, le secteur fonctionne à quatre opérateurs, “nous ne voulons pas d’un simple partage de gâteau entre milliardaires”

Consolidation : pour L’ARCEP, le secteur fonctionne à quatre opérateurs, “nous ne voulons pas d’un simple partage de gâteau entre milliardaires”

Dans un entretien pour La Tribune, le président de l’Autorité de régulation des télécoms , Sébastien Soriano, est revenu sur un sujet qui agite à nouveau le petit monde des télécoms depuis plusieurs mois : le retour à trois opérateurs pour que, selon ces derniers, le secteur puisse supporter les efforts d’investissements à venir.

Sébastien Soriano s’inscrit en faux quant à la déclaration estivale du PDG d’Orange, Stéphane Richard, selon laquelle une consolidation est "inévitable". Pour le président de l’ARCEP, "structurellement, le secteur peut fonctionner à quatre. Il n’y a aucune impossibilité." C’est parce que les opérateurs ont décidé de se livrer une guerre sans merci sur les prix à coup de promotions agressives et reconduites inlassablement qu’ils assurent que sans une consolidation ils ne pourront pas en 2019 soutenir les investissements nécessaires à l’accélération du déploiement de la fibre optique et au lancement de la 5G. "C’est cette situation qui leur fait dire, maintenant, que les investissements que le gouvernement et l’Arcep les poussent à faire ne sont plus soutenables ! Or, depuis mon arrivée, nous ne leur avons jamais dit que leurs prix étaient trop élevés".

Pour le président de l’ARCEP la guerre des prix est allée trop loin et il se demande si elle "ne vise pas à faire trébucher un maillon faible pour pousser à une consolidation ? Il y a un aspect potentiellement stratégique dans ce que nous observons sur ce marché, avec un effet possiblement autoréalisateur."

Enfin, Sébastien Soriano qui avait entrouvert la porte à un retour à trois opérateurs en ne se disant plus hostile à une consolidation tente désormais de faire en sorte que les gonds de la porte ouverte ne cèdent pas sous les coups de bélier que donnent dedans les opérateurs et les analystes.

Après avoir constaté une augmentation des investissements (+37% en 3 ans), "je ne pouvais plus être fermé, par principe, à une consolidation. Pour autant, cela ne veut certainement pas dire que j’y suis favorable, et encore moins demandeur. Ne comptez pas sur moi pour applaudir n’importe quel projet de consolidation qui pourrait surgir… Une réduction du nombre d’acteurs, cela peut être néfaste" déclare-t-il. Si un scénario venait à se concrétiser, l’ARCEP ainsi que l’Autorité de la concurrence veilleront à ce que cela soit "gagnant pour le pays et pour les Français. Nous ne voulons pas d’un simple partage de gâteau entre milliardaires.

 

 

 

Source : La Tribune