Patrick Drahi vide son sac sur SFR en interne et descend l’ancienne équipe dirigeante

Patrick Drahi vide son sac sur SFR en interne et descend l’ancienne équipe dirigeante

Patrick Drahi, qui a perdu près de la moitié de sa fortune à cause de la chute brutale de son groupe Altice en bourse (-37% de sa valeur en une semaine), a vidé son sac et réglé ses comptes lors d’un chat vidéo le 14 novembre dernier au siège de SFR.

Le magnat des télécoms n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, c’est le moins qu’on puisse dire. Les mots sont durs et la charge contre Michel Combes est relativement violente. Un jour avant son mea culpa public lors d’une conférence organisée par Morgan Stanley où il faisait aussi allusion à Michel Combes en disant que “le principal problème en France, c’était le management. Ce n’était pas du tout un problème de concurrence”, il a réglé ses comptes en interne. 

Face aux syndicats il n’a pas mâché ses mots : tous les problèmes de SFR viennent des mauvaises décisions prises par l’ancienne équipe dirigeante dont curieusement il “n’avait pas connaissance et qu’il ne cautionne pas”. Il enfonce le clou par la suite, toujours avec Michel Combes dans le viseur : “des dirigeants opérationnels de SFR ont pris des décisions contre-productives (hausses tarifaires, distribution gratuite de contenus). Le management n’a pas su communiquer ou a fait l’autruche et en l’absence d’Armando Pereira il y a eu des erreurs et du temps perdu”.

Si SFR en est là c’est à cause d’une politique commerciale ratée : “La stratégie tarifaire de cet été n’était pas la bonne et n’a pas été bien implémentée. C’est une très grosse erreur de donner du contenu à quelqu’un qui n’en veut pas. Ce qu’il faut, c’est en vendre à celui qui en veut”.

Désormais, cap sur la satisfaction des clients : il faut “se concentrer sur la mise en place de règles et de process pour satisfaire ses clients” dit-il, et “arrêter de déranger les clients ; celui qui ne veut pas changer d’offre, ce n’est pas la peine de lui en proposer une nouvelle”.

Enfin Patrick Drahi reconnaît que le plan de départ de 5000 collaborateurs n’était pas une bonne idée et que l’opérateur a perdu des profils qui auraient dû rester au sein de SFR : “les personnes qui sont parties ne sont pas forcément celles qui occupaient les postes à supprimer. Il aurait mieux valu cibler ces postes et faire un PSE traditionnel”.

 
source : Challenges