[Interview] PublicG: une nouvelle chaîne gay sur Freebox TV ?

[Interview] PublicG: une nouvelle chaîne gay sur Freebox TV ?
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Emmanuel Faure

PublicG est une nouvelle chaîne de télévision née il y a quelques jours sur le Net. Alors que Pink TV est réduite à la portion congrue, PublicG se propose de relever le defi. Au-delà du net, la chaîne souhaite être diffusée sur Freebox TV.

Univers Freebox a interviewé un de ses créateurs, Emmanuel Faure, afin qu’il nous présente PublicG : 

 

Bonjour Emmanuel Faure,

Univers Freebox : Vous venez de lancer la chaîne sur internet, quels sont vos premiers résultats ?

Emmanuel Faure : Bonjour Olivier. Les premiers résultats sont très satisfaisants, en l’espace de quelques jours nous avons enregistré plusieurs milliers de connexions.

Quels programmes peut on voir sur PublicG ?

On peut voir des émissions sur l’actualité culturelle (cinéma, théâtre, concert, comédie musicale, littérature, mode), des talk-shows, un JT….Pour l’instant, il y a beaucoup de rediffusion et nous essayons de stabiliser notre grille de programmation, notre objectif à court terme est de diffuser 4 heures de programmes nouveaux, tous les jours, d’ici un mois.

Qu’en est-il de la programmation de fiction ? De programmes pour adultes ?

Nous avons commencé des pilotes de sitcom, mais nous allons attendre finalement un peu avant de nous lancer dans la production de fictions. Pour l’instant, nous diffusons des courts métrages ou séries de jeunes réalisateurs. Nous aimerions que PublicG soit aussi une chaîne participative et soit aide à faire connaître des talents ou bien suscité des vocations. Nous devrions lancer des concours de courts métrages prochainement.

Pour les programmes pour adultes, nous avons des idées assez novatrices qui verront bientôt le jour ; en revanche il n’y aura pas de porno.

Pourquoi une nouvelle chaîne gay ?

PublicG est né sur le terrain : c’est la demande qui à fait naitre PublicG. Lors du premier festival parisien de théâtre gay et lesbien, j’étais co-programmateur du festival et j’ai rencontré Fred’Ange qui était membre du jury. Au départ, un peu comme un jeu, nous avons crée la chaîne du festival et puis une fois celui ci terminé, nous avons été demandé un peu partout pour faire des reportages. Nous avons alors crée une version pilote de PublicG.

A la base, je crois que l’on a envie de faire un chaîne de télé qui nous ressemble et qui est loin des clichés. Fred et moi sommes très différents dans nos goûts et notre parcours ce qui permet de produire des émissions extrêmement différentes. Nous avons, de plus, un amour commun pour la création et la liberté et nous espérons le transmettre d’une part aux gens qui travaillent avec nous et d’autre part à nos webmatteurs.

Une chaîne gay, pour moi, c’est simplement regarder les choses à travers un prisme légèrement différent des autres chaînes qui regarde les choses avec un regard hétérosexuel.

C’est aussi mettre en avant les infos et spectacles qui touchent plus les gays & lesbiennes. A part ça, c’est une chaîne généraliste qui peut être regardée par tous de la même manière qu’une chaîne à majorité hétérosexuelle peut être regardée par des homos.

A votre avis, à quoi est du l’échec de Pink TV ?

Je pense que c’est essentiellement dû à un modèle économique pas assez viable. Ils avaient besoin de trop d’abonnés pour atteindre le point d’équilibre. De plus, le paysage audiovisuel a largement changé entre l’idée et le lancement. Pink a aussi engendré beaucoup de déceptions parce que les gens y avaient mis beaucoup trop d’attentes et d’espoirs. Au final, ce n’était pas la bonne chaîne au bon moment.

Quelles seront les différences entre PublicG et Pink TV ?

Déjà le budget ! Ensuite, nous allons surtout essayer de faire émerger des nouveaux talents et ne pas tomber dans les clichés. Nous avons aussi beaucoup moins de pressions et moins d’obligations de résultats. Nous allons essayer d’être à l’écoute de notre public pour construire ensemble une chaîne conviviale.

Pensez vous qu’il y a la place pour une chaîne gay en France ?

Oui, bien sûr. A nous de convaincre !

Le reproche qui est fait par certain à propos d’une chaine gay est que cela favoriserait le communautarisme, qu’en pensez vous ?

Les chaînes à dominante hétérosexuelle ne sont pas taxées d’être communautaire hétérosexuelle. Il ne s’agit pas de faire une chaîne qui serait un repli sur soi-même mais au contraire, d’utiliser ce que l’on est pour apporter un autre regard sur le monde.

Quels sont vos objectifs en terme d’audience ?

Sur le net, nous espérons pouvoir réunir quelques centaines de webtéléspectateurs en même temps, ce qui correspond à l’audience d’une petite chaîne thématique.

Où en êtes-vous de vos démarches pour une reprise sur Freebox TV ?

Nous leur avons fait savoir que nous étions intéressés et nous espérons que notre chaîne retiendra leur attention.

La diffusion sur Freebox TV est elle une nécessité pour PublicG ou pouvez vous vous contenter d’une diffusion sur internet ?

La diffusion sur Freebox TV est une évolution logique pour PublicG et nous apporterait bien sûr beaucoup. Nous nous sentons assez proche de l’esprit pionnier et innovateur de Free. Nous pourrions vivre uniquement avec internet mais ce n’est pas notre ambition. Nous avons envie d’une part de développer la chaîne en la diffusant le plus largement possible et d’autre part de faire évoluer le site en portail multimédia de nouvelle génération avec des applications innovantes.

Combien de personnes travaillent pour PublicG ?

Nous sommes actuellement quatre personnes à plein temps donc un tout petit effectif et nous avons une trentaine de personnes autour pour les émissions.

Comment la chaîne est elle financée ?

En fond propre pour le moment, par la publicité ensuite. Nous sommes en pourparlers avec des business angels pour nous permettre de nous développer plus sereinement et sans vendre notre âme.

Merci Emmanuel

Voir la chaîne : www.publicg.tv