Alors que Free a pris de l’avance, comment la fin du roaming pourrait impacter les opérateurs ?

Alors que Free a pris de l’avance, comment la fin du roaming pourrait impacter les opérateurs ?

Prévue pour juin 2017, la fin du roaming va engendrer la disparition des surcoûts à payer pour les voyageurs ou frontaliers en dehors de leurs pays respectifs. Un plus pour les utilisateurs mais un manque à gagner pour les opérateurs qui verront une partie de leurs revenus amputée.

Avec son offre enrichie lancée hier et incluant le roaming illimté toute l’année dans plus de 35 pays, Free prend les devants. Réactif, SFR a toutefois répliqué dans la foulée avec une série limitée 15 Go/mois 100% roaming. Alors qu’Orange et Bouygues proposent déjà des forfaits similaires mais pour la plupart haut de gamme et/ou limités dans le temps (35 jours par an). Ainsi et clairement, les opérateurs se préparent à cette révolution pour le secteur des télécoms en Europe en se désolidarisant de plus en plus des revenus générés par le roaming. Malgré tout et d’après Les Echos, 5% des revenus des opérateurs pourraient être impactés en Europe. A la suite des discussions sur les tarifs de gros qui ont pris fin début février, certains opérateurs commencent à mesurer le manque à gagner. Ainsi Orange estime une perte de 150 à 170 millions d’euros en 2017, soit 1.25% de son Ebitda. Certains analystes estiment d’ailleurs que les opérateurs pourraient augmenter le prix de certaines de leurs offres ou tout simplement éradiquer le roaming de certains de leurs forfaits.

Les frais d’interconnexion

Au centre des divergences lors de la finalisation de la suppression des frais d’itinérance, les plafonds liés aux côuts d’interconnexion afin de compenser l’utilisation des réseaux des opérateurs, pourraient à l’avenir alourdir la facture. C’est-à-dire les reversements des opérateurs entre eux lorsque l’abonné change de pays et inversement. En clair, lorsque qu’un abonné Free se rend en Italie, il utilise le réseau Wind et Free paie ce dernier en conséquence. Ces prix profitables aux opérateurs de pays touristiques lors des vacances sont amenés à être divisés par 3 d’ici 2022 et pourraient « finalement leur coûter de l’argent », comme le rappelle aux Echos, un analyste de Raymond James.

Cependant, rien ne stipule qu’en augmentant le data et en boostant les forfaits que les abonnés vont davantage voyager à l’étranger. Chez Bouygues Télécom, il est d’ailleurs estimé que les clients font en moyenne 5 à 10 jours de roaming par an.