Les opérateurs Italiens se préparent, s’estiment prêt avant l’arrivée Free et veulent apaiser les craintes

Les opérateurs Italiens se préparent, s’estiment prêt avant l’arrivée Free et veulent apaiser les craintes

Vodafone et Telecom Italia veulent apaiser les craintes avant de voir arriver l’opérateur français, Iliad, qui est très attendu, en tant que quatrième opérateur en Italie. Xavier Niel a d’ailleurs fait une apparition inattendue lors d’une grande conférence des télécoms, à Barcelone, comme le note le Financial Times

Et il a d’ailleurs attiré les rires des banquiers et investisseurs, lorsqu’on lui a demandé de détailler ses plans pour se développer en Italie. Question à laquelle le patron de Free a répondu avec ironie, "nous ne voulons pas être agressif. Nous ne voulons pas réussir"

Les représentants de Vodafone et Telecom Italia ont donc profité de la conférence pour essayer de calmer les craintes. Vittoria Colao, DG Milanais de Vodafone, a fait un parallèle entre les pirates et Iliad en déclarant, "quand vous avez un grand navire de guerre et que les pirates approchent, il est logique d’envoyer des commandos dans le bateau le plus menaçant"

Le plus grand réseau avec 31 millions d’utilisateurs

Par cette phrase, il tient donc à faire référence aux réductions de prix et à des quotas de données plus importants, que Vodafone pourrait déployer contre Iliad. Cependant, son commentaire arrive après la dépréciation de 6.3 euros de Vodafone en Inde, où a été lancé Jio, un nouvel opérateur avec des offres agressives, qui a fait des ravages sur le marché. 

Et c’est la Commission Européenne qui a ouvert la porte à Xavier Niel vers l’Italie, après avoir accepté la fusion entre 3 Italia et Wind. Une fusion qui crée par ailleurs le plus grand réseau avec 31 millions d’utilisateurs. Et celle-ci a aussi permis à Xavier Niel de mettre la main sur des tours de téléphonie mobile qui lui permettront de se lancer. 

Ceci laisse donc craindre une guerre des prix en Italie et Xavier Niel n’a que peu réduit ces craintes. Cependant, il a avoué ne pas être prêt à miser toute sa fortune sur cette nouvelle entreprise. "La direction de la société détient 60 %, donc si nous dépensons qu’un euro en Italie, nous voulons faire de l’argent"

"C’est un souk pas une industrie" 

Iliad a par ailleurs déjà commencé son installation sur les équipements, sur les tours obtenus de la fusion de 3 Italia et Wind. Cependant l’Italie se rappelle d’un nouvel arrivant dans le marché du mobile. Blu s’était en effet effondré puis avait été poussé vers la sortie par ses concurrents. 

M. Colao déclare par ailleurs qu’"un opérateur qui meurt. L’un des rares cas ou un opérateur décide juste de fermer boutique". Cependant il ne s’attend pas à ce qu’Iliad subisse le même sort. Mais il espère que la réduction "rampante" des prix ne reviendra pas. "C’est un souk pas une industrie" déclare-t-il en parlant du forfait à deux euros par mois. 

De son côté, Flavio Cattaneo, le DG de Telecom Italia, s’attend à un lancement d’Iliad vers la fin de l’année prochaine et il affirme être prêt. "Nous sommes prêts. Nous avions déjà Iliad en Italie. Il s’appelait Hutchison", l’entreprise asiatique qui avait des prix compétitifs. Et Flavio Cattaneo est prêt à lancer une seconde marque dans le mobile pour concurrencer Iliad. 

Ils se demandent si l’impact sera aussi important qu’en France

Un analyste, Tony Maroulis, informe que les deux opérateurs Italiens veulent être vigilants quant au potentiel d’Iliad dans le mobile, mais ils se demandent si l’impact sera aussi important qu’en France. 

Avec le faible revenu par utilisateur en Italie, la société française devra être agressive pour pouvoir lutter contre ses concurrents, mais aussi si elle veut faire du profit. "Iliad est peu susceptible de générer une onde de choc aussi grande qu’elle a pu causer en France en 2012."