Xavier Niel, homme des télécoms, des journaux et des start-up, mais aussi grand investisseur immobilier

Xavier Niel, homme des télécoms, des journaux et des start-up, mais aussi grand investisseur immobilier

Xavier Niel possède de nombreux secrets immobiliers, se cachant derrière des hôtels particuliers, des commerces, des bureaux et différents logements. Le milliardaire aime investir dans la pierre mais refuse de s’exprimer sur ce sujet. Challenges consacre d’ailleurs un important dossier aux secrets immobiliers de Xavier Niel sur son site.Le patron de Free se plaît cependant à commenter ses projets liés à la mairie de Paris. Il y évoque une envie de repérer les nouvelles pépites high-tech et non un gain d’argent.

Ce sont ces raisons qui ont conduit récemment aux investissements dans l’Ecole 42, ainsi que dans des immeubles pour y loger les étudiants. Et c’est aussi le cas pour Station F à la Halle Freyssinet, suivie récemment par la résidence qui y sera rattachée @Home. En proposant des logements en lien avec les écoles, le patron de Free espère pouvoir équilibrer ses opérations grâce aux recettes des locations mais également aux commerces, restaurants, entreprises et administrations qui prendront place dans ces projets. 

Le milliardaire choisi avec qui il souhaite travailler

Xavier Niel c’est les télécoms, les journaux, les start-up. Mais on le voit, c’est surtout un investisseur immobilier. La 11ème fortune française, avec 7.2 milliards d’euros, au classement de Challenges, a également lancé une dizaine d’opérations de Paris à Courchevel, mais aussi à Cannes et Sarcelles. Qu’il s’agisse de location de bureaux, d’achats d’hôtels particuliers, la revente à la découpe et même la construction d’hôtels de luxe. 

Il vaut donc mieux être associé à Xavier Niel pour développer un projet. Mais le milliardaire choisit avec qui il souhaite travailler et peut rapidement se tourner vers un concurrent, comme ce fut le cas pour Vinci Immobilier, lâché au profit de la Compagnie de Phalsbourg.

Racheté en 2015 par Xavier Niel pour 45 millions d’euros

Dans ces opérations immobilières, on compte un hôtel particulier. Cédé en 2012 pour 32 millions à la Compagnie des Immeubles Parisiens (CPI), qui était détenue par Xavier Niel et Didier Chabut, récemment décédé, un hôtel particulier, situé à deux pas de l’Etoile, a été racheté en 2015 par Xavier Niel pour 45 millions d’euros, comme le note le dossier de Challenges. Il est donc propriétaire de ce bâtiment ayant servi à la fondation de Calouste Gulbenkian, puis pour un défilé Dior et des soirées Vogue. Il bénéficie au dernier étage d’une terrasse de 300 mètres carrés, possédant une vue sur l’Arc de Triomphe. 

Xavier Niel s’est également positionné, à la suite d’un appel à projet, sur la tour Morland, à 133 millions d’euros. Ce projet, qui lui coûtera 300 millions au total, comprend un hôtel, une piscine, des commerces, des bureaux ainsi que des logements. Niel est donc co-investisseur, pendant que le promoteur Emerige est maître d’oeuvre. 

Dans les années 2000, le patron de Free a acheté une propriété dans la prestigieuse Villa Montmorency et le Palais rose, à la Muette, pour 11 millions. Une réplique du Trianon de Versailles où il a réalisé de gros travaux sous la houlette de son ami architecte Joseph Dirand, dont la réalisation d’une piscine dans le vaste jardin. 

Niel a pu bâtir L’Apogée pour 100 millions, un 5 étoiles à Courchevel

Il a aussi dépensé 5 millions pour le golf du Lys, un parcours de 120 hectares près de Chantilly. Afin d’empêcher des promoteurs de construire près de la maison de son ex-compagne. Comme l’a révélé Challenges, il a également déboursé 31,5 millions pour s’offrir l’hôtel Coulanges, place des Vosges dont Delphine Arnault possède 1 % des parts. Il s’est juste engagé auprès du vendeur à créer un espace culturel ouvert au public.

Niel s’est lancé dans l’hôtellerie, avec l’appui de Patrick Pariente, cofondateur du groupe de textile Naf Naf. C’est grâce à lui que Niel a pu bâtir L’Apogée pour 100 millions, un 5 étoiles à Courchevel, la station de ski préférée des deux hommes, en devançant Bernard Arnault. Avec Pariente, ils ont aussi acquis un 2 étoiles dans la station, le Chanrossa. Puis ils ont récemment mis la main sur les murs de la Villa Mazarin, un 4 étoiles, pour 25 millions.

Des bureaux loués pour 3 millions par an à Orange

Outre des hôtels, les deux hommes détiennent un ancien immeuble des PTT, rue Jobbé-Duval dans le XV arrondissement. Les 6.800 mètres carrés de bureaux y sont loués pour 3 millions par an à Orange ! 

Niel s’est associé à son ami Lionel Rozenberg, un ancien d’Iliad, et Eric Sadoun. Ensemble, ils détiennent trois bâtiments abritant des magasins But dans le centre de la France, plusieurs immeubles à Paris ainsi que le Sémaphore à Ivry, le Bellini à Puteaux ou encore le Ravel à Levallois, acheté pour 31,5 millions.

Un expert explique dans les lignes de Challenges : "nous recommandons toujours de placer entre 8 et 10 % des actifs dans l’immobilier, dans une perspective patrimoniale de succession." Cependant Xavier Niel est opposé à la notion d’héritage. En effet le patron de Free multiplie depuis plusieurs années des opérations à beaucoup plus court terme de marchand de biens.

"C’est un cauchemar à gérer, il y a beaucoup de locataires défaillants et d’impayés" 

Niel se laisse parfois entraîner dans des dossiers hasardeux. C’est le cas des Flanades à Sarcelles, un grand ensemble composé d’un centre commercial, déficitaire, et des centaines de logements. "Sur le papier, le deal offrait une bonne rentabilité, révèle un professionnel ayant étudié le dossier. Mais dans la réalité, c’est un cauchemar à gérer, il y a beaucoup de locataires défaillants et d’impayés."

Concernant la CIP, Niel soutient Valérie Lhomme qui a repris la CIP à la mort de son mari. Comme l’indique Challenges, ensemble ils doivent gérer des situations d’envergure mais faire face aussi aux dettes colossales et casseroles judiciaires laissées par Chabut.

Cependant, en 2010, la CIP met la main sur trois superbes immeubles haussmanniens pour 84 millions. Les 30 appartements seront revendus 12.000 à 15.000 euros le mètre carré. Il y a également la Pharmacie centrale des Hospices, rachetée en 2012 pour 35 millions. Elle a été rénové et la dizaine d’appartements seront cédés à des prix de 15.000 à 16.000 euros le mètre carré. Des investissements immobiliers plutôt rentables.