Free Mobile : l’ARCEP préconise un arrêt de l’itinérance avec Orange en 2020

Free Mobile : l’ARCEP préconise un arrêt de l’itinérance avec Orange en 2020

Avec l’annonce de ses résultats hier, Free a pu démontrer qu’il apparaissait comme le potentiel numéro deux sur le marché du fixe, prêt à devancer SFR, et en passe de doubler Bouygues dans le mobile.

Quatre ans après le lancement de son offre mobile, il est devenu incontournable, mais reste dépendant du réseau d’Orange. Et pour obtenir un tel chiffre d’affaires, il faut trouver l’équation économique entre le développement d’un réseau mobile et l’utilisation du réseau mobile d’Orange en itinérance, qui lui coûte entre 500 et 700 millions d’euros par an selon l’ARCEP.

Bien sur, les concurrents de Free, dont Bouygues Télécom en premier, rêvent d’un arrêt de l’itinérance comme cela était prévu en 2018. Sébastien Soriano, le président de l’ARCEP avait expliqué au Figaro que "tout couper aujourd’hui, ce serait priver sans justification des millions de consommateurs de réseau, et le devoir du régulateur est aussi de protéger les utilisateurs" qui prévoyait plutôt un arrêt de l’itinerance en 2020. Il reconnaissait que Free a encore besoin d’utiliser le réseau 2G et 3G d’Orange.

Comme nous nous l’avons expliqué hier, Free dans son rapport de résultats du 1er trimestre 2016 annonce couvrir 84% de la population en 3G. Free dispose de 6500 antennes quand Orange en possède 20 000. L’obligation pour Free est de couvrir 90% de la population par son propre réseau d’ici janvier 2018. Free est donc dans les temps. Mais la problématique réside dans le fait de pouvoir écouler le trafic. "À l’échéance de 2018, il n’apparaît pas raisonnable d’attendre de Free Mobile qu’il dispose d’un réseau 3G d’une ampleur telle qu’elle lui permette d’être suffisamment autonome", affirme l’ARCEP qui mise sur un arrêt de l’itinérance 3G en 2020. En fait les derniers pourcents sont le plus durs à avoir car Free ne dispose pas encore d’un réseau homogène sur tout le territoire. A titre d’exemple, le Figaro cite le fait que l’opérateur a des difficultés d’installer des antennes dans certains centres historiques. L’itinérance avec Orange permet de pallier ce manque. 

Reste le problème de la 2G. Au 30 décembre 2015, après d’un tiers du parc mobile français était en 2G. Free n’a pas de réseau 2G et n’en déploiera pas car il n’a pas de fréquences. Mais en attendant un arrêt éventuel de la 2G en France, l’itinérance 2G de Free chez Orange pourrait être prolongée jusqu’à 2020 ou 2022. Elle devrait néanmoins coûter de moins en moins cher à Free. Pour la 4G, Free ne peut compter que sur lui même. Aujourd’hui il couvre 67% de la population.

Source : Le Figaro