Les syndicats d’Orange tapent fortement sur Free Mobile, à l’occasion du possible rachat de Bouygues Télécom

Les syndicats d’Orange tapent fortement sur Free Mobile, à l’occasion du possible rachat de Bouygues Télécom

 
Dans le cadre du possible rapprochement entre Orange et Bouygues Télécom, la CFE-CGC Orange et l’ADEAS (Association de Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat Salariés) ont écrit au PDG d’Orange, pour lui faire connaître leurs positions sur ce rapprochement, et plus particulièrement les conditions dans ces organisations considéreront que l’opération est "socialement irréprochable", comme l’a promis Stéphane Richard dans ses interventions média. Mais ce courrier a également pour but de taper une nouvelle fois sur Free Mobile.
 
Dans cette lettre, ces organisations estiment que « s’il se concrétise, le passage de 4 à 3 opérateurs de télécommunications en France via un rapprochement entre Orange et Bouygues Télécom signera l’échec de la concurrence soi-disant « vertueuse » voulue par les politiques, de droite comme de gauche, et les autorités de régulation du marché, Arcep et Autorité de la concurrence notamment ». En message clair, l’arrivée de Free dans le mobile n’aurait pas atteint les objectifs annoncés par l’ARCEP et l’Etat.
 
Les syndicats et l’ADEAS s’appuient sur « l’étude de deux économistes [qui] montrait d’ailleurs que l’arrivée de Free Mobile était… globalement négative pour la collectivité ! ». Une étude à charge et qui accumulait tellement de contre-verités qu’elle n’a jamais vraiment été prise au serieux.
 
Ces organisations mettent en avant également deux autres arguments. D’une part que « plus de 7 000 emplois ont été détruits chez les seuls opérateurs de télécommunications, et ce chiffre est au moins doublé lorsqu’on regarde l’ensemble de la filière télécoms française ». Un chiffre qui s’appuie sur les données de l’ARCEP. Il faut toutefois noter que la quasi-totalité (6000) de ces pertes d’emplois a été générée par Orange qui a repris son plan de non remplacement des salariés partis à la retraite. Cela n’a donc pas de lien avec l’arrivée de Free Mobile. Par ailleurs, l’INSEE a, de son coté montré, qu’au contraire, le nombre d’emplois avait augmenté dans les télécoms depuis l’arrivée de Free Mobile (voir ici et ). 
 
Le Président de l’ARCEP expliquait en 2014 que « le périmètre mesuré n’est pas le même -tout dépend des emplois qu’on inclut ou non dans ce périmètre, comme celui des équipementiers ou celui des centres d’appels. En outre, l’Insee effectue des mesures trimestrielles, dont les fluctuations sont plus nombreuses que celles qui sont constatées lors de nos mesures, qui sont annuelles. En tout cas, la tendance globale exprimée par l’Insee reste la même que la nôtre : la situation de l’emploi dans les télécoms reste stable sur deux ans. »
 
Deuxième argument évoqué par ces organisations : « le prix des communications mobiles (et seulement elles), a fortement chuté depuis 2012, entraînant une baisse massive des revenus, mais surtout des profits, qui n’ont jamais dépassé 8% du chiffre d’affaires, entraînant une baisse contrainte des investissements dans les infrastructures et des politiques d’économies drastiques chez les opérateurs qui feront des dégâts sur le long terme. » L’argument de la baisse des investissements est démenti par les faits puisque les 2 années après l’arrivée de Free Mobile les investissements dans les télécoms n’ont jamais été aussi importantes comme l’a indiqué l’ARCEP.