Le Canard Enchainé dévoile les dessous de la tentative de rachat de Bouygues Télécom par SFR

Le Canard Enchainé dévoile les dessous de la tentative de rachat de Bouygues Télécom par SFR

 
Le 23 juin dernier, Bouygues annonçait qu’il refusait l’offre de rachat de sa filiale télécom par SFR-Numéricable, à la surprise générale. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette offre de rachat était préparée de longue par Patrick Drahi et l’état major de Bouygues. C’est ce que dévoile le Canard Enchainé ce mercredi. 
 
C’est au début de l’année qu’à eu lieu la rencontre entre Patrick Drahi et Martin Bouygues, à l’initiative de François Pinault, persuadé que Bouygues va droit dans le mur s’il ne vend pas sa filiale télécom. C’est là que Patrick Drahi formule une première offre à 8 milliards d’euros. Une offre refusée par Martín Bouygues qui dit n’être pas vendeur. 
 
Puis, à la mi-mai, Philipe Marien, le directeur financier du groupe Bouygues et Grégoire Chertok, le banquier du groupe, qui estiment qu’il faut saisir l’opportunité, invitent Dexter Goei, le directeur général du groupe Altice. Ils lui expliquent que Bouygues n’est en principe pas vendeur, mais que l’affaire pourrait toutefois se conclure, sous 2 conditions : « un chèque commençant pas un 1 » c’est-à-dire 10 milliards d’euros, et « la levée de toutes les réserves que pourrait soulever l’Autorité de la concurrence ». Sur ce dernier point, les négociations avec Free, qui reprendrait des actifs de Bouygues Télécom pour 2 milliards d’euros, sont alors sur le point d’aboutir.
 
Concernant l’offre à 10 milliards, Patrick Drahi la remet le 3 juin, ce qui met Martin Bouygues dans une « humeur massacrante ». Elle ressemble à un ultimatum puisque valable une semaine seulement. Martin Bouygues demande alors à réfléchir. Maisne voyant rien venir, Patrick Drahi organise alors une fuite qui sera reprise par le JJD, ce qui a exaspéré Martin Bouygues. Le Canard Enchainé explique que Patrick Drahi a négligé « la part d’affect qui conduit Bouygues à garder ce qu’il considère comme son enfant ». La suite est connue, avec le refus de vendre par le conseil d’administration de Bouygues.
 
Et le Canard de conclure que Martin Bouygues a ramassé la mise, « il sort de cette aventure auréolé du prestige du dirigeant inflexible, protecteur de ses salariés et capable de mépriser un chèque de 10 milliards »