M6, TF1 et Canal+ dénoncent une “fraude” dans la revente de Numéro 23

M6, TF1 et Canal+ dénoncent une “fraude” dans la revente de Numéro 23

Le projet de revente de la chaîne TNT gratuite Numero 23 au groupe NextRadio pour 88,6 millions d’euros aura été expédié en quelques semaines.

Mais depuis quelques jours, la revente de la chaîne TNT, détenue majoritairement par Pascal Hazelot, au groupe NextRadioTV aura provoqué une levée de bouclier de la part des PDG de TF1, Nonce Paolini, Nicolas de Tavernost (M6) et Bertrand Méhaut (Canal+).
 
Ces derniers se sont fendus d’un courrier commun auprès du CSA pour dénoncer "un projet choquant".
 
Ils dénoncent une opération qui s’inscrit "purement et simplement dans une approche de spéculation sur des fréquences qui rélèvent du domaine public."
 
Ils n’hésitent pas à solliciter le CSA qui selon eux "devrait analyser cette opération comme relevant d’une "fraude" caractérisée à la loi audiovisuelle."
 
Ils rappellent ainsi au CSA qu’en juillet 2012, lorsque Numero 23 avait été lancé sur la TNT gratuite, l’autorité de l’audiovisuel avait voulu imposer une clause de non-revente de 5 ans à son principal actionnaire Patrick Hazelot, laquelle avait été reduite de moitié en raison de son refus.
 
Deux ans et demi plus tard, ce délai étant expiré, l’actionnaire majoritaire de Numero 23, s’est empressé de revendre ses parts.
 
Pour les trois groupes audiovisuels, "un tel dévoiement de la loi pénaliserait bien sûr le contribuable mais aussi nos groupes." Ils se plaignent ainsi que TF1, M6 et Canal+ qui "eux respectent les règles de la régulation et se retrouvent en concurrence avec des acteurs ne remplissant pas leurs obligations."
 
Pour eux, c’est "au motif de la protection de Numero 23 et des chaînes de NextRadioTV que le CSA a refusé le passage en gratuit de nos services LCI, Paris Première et Planète+."
 
TF1, M6 et Canal+ annoncent ainsi se réserver "la possibilité de faire valoir nos droits si cette opération venait à se confirmer" rappelant par la même occasion que "le Conseil dispose des outils nécessaire pour empêcher la réalisation d’une telle opération."
 
Pour Alain Weil, PDG de NextRadioTV, acheteur de Numéro 23 n’aura pas attendu pour répliquer au "cartel de l’audiovisuel" qui "se constitue pour empêcher un nouvel entrant de se développer, comme cela a pu se faire dans le secteur de la radio."
 
Pour le parton de NextRadioTV, ses homologues de TF1, M6 et Canal+ "escompte faire respecter des règles qu’il impose lui même au secteur audiovisuel, en mettant le CSA sous pression."
 
Pour l’actuel actionnaire majoritaire de Numero 23, Patrick Hazelot, les choses se compliquent. La revente de la chaîne TNT, s’annonce plus longue que prévu, lui qui avait pris soin de revendre à un acteur européen pour éviter tout blocage du gouvernement…
 
Source : Challenge