SFR-Numericable et ses prestataires : « La ligne directrice est claire : c’est – 30 % où on ne paie pas »


D’autres prestataires de SFR-Numericable ont porté plainte contre ce dernier auprès de la Médiation inter-entreprises. La situation chez SFR prenant une ampleur conséquente, le médiateur Pierre Pelouzet rencontre aujourd’hui la secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire ; « Avec Emmanuel Macron, ils s’inquiètent de ce qui se passe chez SFR » raconte à ce sujet un haut-fonctionnaire de Bercy. Pourtant, il y a à peine une semaine, le ministre de l’Economie indiquait que « tous les sujets d’actualité de l’entreprise ont été évoqués », par rapport à ses entrevues avec Patrick Drahi.

Plus qu’une simple histoire de comptes, les manières de Numericable bouleversent le milieu des télécoms : « Tout le secteur, déjà ébranlé par l’arrivée de Free, souffre à cause de ces méthodes » écrit Le Journal du Dimanche. La direction ne prend même plus de pincettes, ni même se défend : « La ligne directrice est claire : c’est – 30 % où on ne paie pas ». De là, les consultants disparaissent un à un, les coûts informatiques sont divisés par 4. Coté centres d’appels, la situation est presque explosive : « J’ai dû envoyer un avocat pour récupérer une facture d’un million d’euros » raconte un petit prestataire, pendant que le leader du domaine Téléperformance tente de récupérer près de 40 millions d’euros d’impayés. Ce qui n’est pas sans effrayer la fédération professionnelle qui craint une nouvelle forme de mutinerie : « Orange, Bouygues et Free menacent aussi de renégocier leurs contrats ».

Coté salariés, le bilan est aussi terne. Avant le rachat, Numericable avait promis qu’il n’y aurait aucun licenciement pendant 36 mois. Pourtant, sur 70 cadres ayant un salaire de plus de 150 000 euros, 55 ont étés mis à la porte. Puis d’autres cadres ont suivi, et enfin des salariés. Le service informatique parle de quelques 250 ordinateurs rendus en un mois. Il serait aussi question de personnes « en mobilité », sans poste ou sans rapports avec leurs compétences, comme une mise au placard. Malgré tout, les syndicats se font peu entendre, peut-être depuis qu’un certain Raymond Soubie est au service de la direction, ce dernier étant un ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, et « spécialiste des négociations avec les syndicats ».

 

Source : Le Journal du Dimanche