Jean-Ludovic Silicani fait le bilan de Free Mobile : une décision “opportune” pour un changement “prévisible”

Jean-Ludovic Silicani fait le bilan de Free Mobile : une décision “opportune” pour un changement “prévisible”

Dernier tour d’honneur pour Jean-Ludovic Silicani, président de l’ARCEP, qui quittera ses fonctions en janvier. L’un des éléments fort de son mandat fut l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile, largement contesté par les opérateurs mobiles qui étaient en place. 

Presque 3 ans après son lancement, le président de l’ARCEP ne regrette pas l’arrivée de Free Mobile et estime que cette décision était "opportune"  : 
 
"J’entends dire que cela a été un séisme, mais un séisme c’est inattendu. or si l’arrivée de Free Mobile a été un changement important, elle était parfaitement prévisible."
 
Pour lui, les opérateurs en place ont eu "comme au théâtre, 3 coups" pour se préparer. Entre la sanction de l’autorité de la concurrence, la décision de l’ARCEP pour pousser la création d’opérateurs virtuels et la loi Chatel, c’est le manque de réaction des opérateurs qui a poussé Free Mobile vers une quatrième licence mobile : 
 
"Si Orange, SFR ou Bouygues avait proposé à Free un contrat dit "full MVNO", je pense que celui-ci aurait topé et le choc aurait été plus limité."
 
Pour lui, le secteur reste profitable avec des marges qui sont passé des 33% à 30%. le niveau d’investissement s’est maintenu à un niveau record, quand aux pertes d’emplois, la majorité proviennent selon lui des départs non remplacés chez Orange. Chez les autres opérateurs, il estime que les recrutements et les pertes d’emplois se compensent.
 
Reste le dossier de l’itinérance : pour lui, l’itinérance 2G était inscrite comme une obligation en 2000. Quant à l’itinérance 3G accordée par Orange, elle avait été recommandée par l’Autorité de la Concurrence est l’ARCEP n’avait aucun pouvoir à ce sujet. "C’est un contrat de droit privé entre deux opérateurs. Chacun peut l’attaquer devant le tribunal de commerce ou porter un règlement de différent devant l’ARCEP" ou même "le contester devant l’Autorité de la Concurrence.
 
Quant à la question de l’extinction de cette dernière, le président de l’ARCEP estime "ne pas disposer de pouvoir contraignant", mais avoir "encouragé les deux opérateurs à s’y préparer."
 
Mais pour lui, "la meilleur incitation pour Free a déployer son réseau reste les montants considérables qu’il verse chaque année à Orange."
 
Free respectera-t-il ses obligations de couvrir 75 % de la population début 2015 ? Il s’agira d’une des dernières missions de Jean-Ludovic Silicani à la tête de l’ARCEP. Réponse à la mi-janvier. Le président de l’ARCEP réalise dès ce soir son premier baroud d’honneur, avec une cérémonie de départ. A l’heure actuelle son successeur n’est toujours pas désigné, mais les candidats sont nombreux.
 
Source : Les Echos