Thomas Reynaud : “on ne va pas faire un copier-coller de Free aux Etats-Unis”

Thomas Reynaud : “on ne va pas faire un copier-coller de Free aux Etats-Unis”
C’est "une idée de Xavier Niel". Depuis un mois, Iliad, maison-mère de Free est sur le rachat de T-Mobile US quatrième opérateur américain.
 
Pour Thomas Reynaud, directeur financier du groupe, cette opportunité est "une porte d’entrée formidable sur le plus grand marché du monde", un endroit où "les consommateurs sont prêts à payer des montants plus élevés qu’ailleurs."
 
C’est d’ailleurs l’un des pays où les forfaits sont parmi les plus chers au monde. Dans la présentation de sa stratégie et ses résultats semestriels, le directeur financier d’Iliad annonce la couleur, le revenu par abonné du marché américain est 20 $ plus chers que le revenu par abonné du marché français.
 
Ce marché intéresse donc fatalement les dirigeants de l’opérateur français qualifié de "Maverick des télécoms", pour sa stratégie offensive et agressive dans le secteur. Le groupe l’annonce très clairement dans son document de présentation des résultats du 1er semestre 2014.
 
 
De l’autre côté de l’atlantique, T Mobile US joue déjà ce rôle en multipliant les rabais et son PDG, John Legere usant des mêmes stratagèmes de communication que son homologue Xavier Niel. Si le directeur financier d’Iliad reconnait à T Mobile que "ses offres sont agressives", il estime néanmoins que "ses tarifs ne correspondent pas à sa stratégie, ce qui met en cause sa pérennité à terme."
 
Néanmoins, pour répondre à Stéphane Richard qui "attend le forfait à 2€ aux Etats-Unis, Thomas Reynaud annonce qu’Iliad ne compte pas "faire un copier-coller de Free aux Etats-Unis, on connait les spécificités de T-Mobile."
 
Avec ses 50 millions d’abonnés mobiles pour T Mobile US contre 9 millions pour Free Mobile, c’est un peu la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Certains estiment que le groupe français pourrait se casser les dents en rachetant un opérateur plus gros que lui, mais Free n’est pas tout seul, avec "un certain nombre d’appels de partenaires industriels mais aussi financiers qui sont intéressés." Xavier Niel poursuit ses jours-ci sont tour d’horizon de potentiels coinvestisseurs, notamment a Londres selon les rumeurs. Dans tous les cas, si Iliad pourrait s’endetter pour racheter mobile, les perspectives financières ne sont pas inquiétantes pour Thomas Reynaud : "il y a des possibilités de désendettement rapide si l’offre est concluante."
 
Source : AFP