Opinion : Pourquoi Orange, SFR et Bouygues n’ont pas adopté la stratégie de Free avant qu’il n’arrive dans le mobile

Opinion : Pourquoi Orange, SFR et Bouygues n’ont pas adopté la stratégie de Free avant qu’il n’arrive dans le mobile
 
Baptiste Créteur, consultant en stratégie, a publié une tribune sur le site Contrepoints (à tendance libérale), consacrée à l’arrivée de Free dans le Mobile. Une analyse intéressante du secteur concurrentiel des télécoms, dans laquelle l’auteur a le mérite de poser les bonnes questions. Si Montebourg et les opérateurs historiques estiment que « la diminution des prix détruit l’emploi, réduit les marges et donc nuit à l’investissement » Baptiste Créteur tente de démontrer le contraire et pourquoi la situation d’oligopole avant l’arrivée de Free arrangeait aussi bien les opérateurs que l’Etat.
 
« Il faut d’abord comprendre que les prix bas ne font pas les faibles marges. Free, par exemple, mise sur le volume et la maîtrise des coûts ; en réduisant les prix, l’entreprise a parié sur une arrivée rapide et importante de clients, et a réussi son pari.

Mais si l’opération était aussi assurément rentable, au point que les trois opérateurs en place aient autant fait pour empêcher ou retarder l’arrivée de Free, pourquoi n’ont-ils pas avant Free adopté cette stratégie ?

Cette stratégie ne les arrangeait tout simplement pas. Une concurrence faible facilite le maintien de marges élevées sur le dos de clients au choix restreint. Surtout quand on s’entend sur les prix.

L’argumentaire des opérateurs, aujourd’hui repris en chœur par les ministres, fait de la marge la condition de l’investissement, et de l’investissement la clé pour apporter aux utilisateurs le meilleur service. Mais pourquoi n’ont-ils alors pas utilisé les confortables marges permises par les prix élevés du passé pour prendre de l’avance ? Comment Free peut-il être aussi compétitif face à des acteurs bien établis, jouissant en théorie d’importantes économies d’échelle et des effets positifs de l’expérience ?
 
Ils se sont certainement reposé sur leurs lauriers, protégés qu’ils étaient par le régulateur et le législateur. Alors qu’ils auraient pu innover et réduire leurs coûts. Mais pas seulement.»