Stéphane Soumier répond au brûlot anti-Free Mobile d’un salarié d’un concurrent de Free

Stéphane Soumier répond au brûlot anti-Free Mobile d’un salarié d’un concurrent de Free

Nous vous rapportions mardi qu’un débat sur l’arrivée de Free Mobile avait eu lieu dans l’émission on refait le monde” avec Marc Olivier Fogiel sur RTL. En introduction de cette émission, une " lettre ouverte à François Fillon" a été lue. Ecrite par un des salariés d’un des trois opérateurs “historiques” de téléphonie mobile français, elle a été publiée sur le blog que ce dernier a « ouvert au lendemain de l’arrivée tonitruante de Free Mobile sur le marché, après cette fameuse keynote qui a fait de tous mes collègues et de moi même de fieffés escrocs »
 
Cette lettre intitulée « LETTRE OUVERTE À M. FILLON, ANCIEN PREMIER MINISTRE » vise à démontrer tous les méfaits de l’arrivée de Free Mobile. Quelques extraits choisis :
 
« L’arrivée du quatrième opérateur a eu pour effet de lancer une guerre des prix sans précédent, sur la base d’une concurrence aux conditions contestées. En cause : l’accord de roaming sur le réseau d’Orange, dont Free ne peut toujours pas se passer plus de deux ans et demi après son lancement.

Dès lors, l’objectif commercial n’est plus de gagner des parts de marché, mais de couler le concurrent. Les armes : des offres toujours moins chères, avec toujours plus de services. Les victimes collatérales : les salariés. Car pour tirer les prix au plus bas, il n’y a pas de miracle, il faut réduire les charges de production, puisqu’on ne peut pas réduire les investissements.

Aujourd’hui, avec les prix les plus bas d’Europe, chaque opérateur cherche les solutions pour continuer à investir tout en évitant en même temps la casse sociale. Car les investissements dans ce secteur sont colossaux, en achat de fréquence, en mise à jour des infrastructures, en recherche et développement.

Hier source d’innovation, d’emplois et d’avenir, la filière de la téléphonique mobile, ressemble aujourd’hui à un champ de bataille désolé et fumant avec ses morts et ses blessés. »
 
Et de lister ensuite les dégâts supposés consécutifs de l’arrivée de Free Mobile pour Bouygues Télécom, SFR, The Phone House, les prestataires informatiques et la France.
 

 
Il rappelle en introduction « 534 millions. Mais où sont ils donc ? A croire qu’ils se sont évaporés. En tout cas plus personne n’en parle. Et pourtant c’est bien pour entente que les trois opérateurs télécoms français ont été condamnés à une amende historique en 2005. 534 millions pour s’être tranquillement partagé le marché. Pas un secteur n’a été condamné à cette hauteur. Et il faudrait l’oublier ? Epoque révolue ? Beaucoup trop simple, et tout est parti de là, parce que seule une concurrence impitoyable brise les accords secrets »
 
Et de démentir ensuite l’argumentaire qui consiste à dire que Free Mobile aurait pénalisé l’investissement dans le secteur des télécoms : "les chiffres d’investissements, eux, sont incontestables, en ce qu’ils ressortent des bilans des entreprises. On me dit qu’ils sont difficiles à lire, ne faisant pas la différence, par exemple, entre les réels équipements de réseau et les améliorations commerciales au domicile de l’abonné. Dont acte. Mais là encore, l’augmentation de productivité apportée par les logiciels toujours plus performants et les box toujours plus fiables est un élément important.

Reste que l’investissement dans les télécoms en France n’a jamais été aussi important depuis que Free Mobile a fait exploser le secteur. Voilà. Et c’est parfaitement normal. On a repris la course, dans un pays qui s’était endormi. Les télécoms des années 2000 nous rejouaient l’épisode du Minitel. Seul le réveil de la concurrence pouvait briser cela

Aurions-nous connu une telle accélération sur la 4G sans Free Mobile ? Et à quel prix nous l’aurait-on vendu cette 4G qui change la vie, révolutionne les usages, apporte un atout de compétitivité pour les entreprises françaises ?"
 
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