L’ARCEP répond à Free sur la baisse du prix de la 4eme licence UMTS

Vous le savez, Free s’est montré intéressé par l’acquisition de la 4eme licence de téléphonie mobile 3eme génération. Comme nous vous en parlions la semaine dernière, Free, au travers de son directeur général Michael Boukobza, a réclamé une baisse du tarif de cette licence (619 Millions d’euros) pour permettre l’émergence d’un nouvel entrant. En effet, Orange, Bouygues et SFR étant déjà bien installés sur ce marché, il serait difficile pour un éventuel entrant d’acquérir des parts de marché s’il doit en même temps payer un tel tarif et installer des antennes sur tout le territoire alors que ces investissements sont déjà grandement amortis chez les autres opérateurs.

C’est donc l’ARCEP, dans une interview au Figaro, qui se prononce sur une éventuelle baisse. Même si la décision en revient au gouvernement, l’ARCEP n’y semble pas opposé. Extrait

Le téléphone mobile de troisième génération est un échec. Pourquoi un nouveau candidat souhaiterait-il acquérir la quatrième licence restée libre en France ?

 Le décollage de la troisième génération (3 G) est plus lent que prévu, mais ce n’est pas un échec : la 3 G comptera plus de 4 millions d’abonnés en France à la fin de l’année. Et l’appétence de nos concitoyens pour le multimédia mobile est avérée. Le déploiement de la 3 G + (HSDPA), qui offrira des débits comparables à ceux d’une ligne ADSL d’entrée de gamme, devrait être un accélérateur. La 3 G devrait permettre aux abonnés de faire sur leur mobile tout ce qu’ils font sur leur PC connecté à Internet. Mais cette extension des usages du fixe au mobile n’a pas encore eu lieu massivement. Il y a encore beaucoup de nouveaux services à inventer, il faut faire preuve de créativité. Aujourd’hui, la technologie est au point, le prix des équipements a baissé : un nouveau candidat peut parfaitement être intéressé.

 Le nouvel opérateur paiera-t-il 619 millions comme Orange, SFR et Bouygues ?

 La question financière est du ressort du ministre. Mais équité ne veut pas dire égalité stricte. Le quatrième opérateur mobile entrera avec un handicap. Juridiquement, le gouvernement à une certaine latitude, par exemple en étalant le paiement de la redevance initiale, comme le demandent des candidats potentiels. Je note que la Commission européenne vient de juger légale la baisse du prix de la troisième licence tchèque attribuée à Vodafone en 2005 et qui était contestée par les titulaires des deux premières licences délivrées en 2001.

Dans la même interview, le président de l’ARCEP rappel que la France est très en avance dans le haut débit et que le mérite en revient en partie à Free, l’inventeur la box :

La France, en pointe sur l’Internet haut débit, gardera-t-elle son avance dans le futur avec l’arrivée de la fibre optique ?

 La France, qui partait avec de lourds handicaps, a rattrapé les États-Unis en matière d’Internet haut débit. Dynamisée par des sociétés comme Free, qui a inventé le concept de « box » internet, Neuf et France Télécom, la France est aujourd’hui très en avance sur l’ADSL, au point d’être étudiée comme modèle dans les business schools américaines ! Au final, la pénétration d’Internet haut débit est meilleure dans notre pays que chez nos voisins. Les prix pour le consommateur y sont plus bas. Mais bientôt, au lieu d’être connecté par un fil de cuivre, les abonnés le seront en fibre optique. C’est sans nul doute la technologie du futur, mais les usages et la demande sont incertains.

Source : Le Figaro (papier)