La gouvernance d’Internet en jeu : les Etats-Unis abandonnent leur rôle central

L’affaire Snowden aura eu le mérite de provoquer le débat. Pendant deux jours, la conférence internationale NETMundial à Sao Paolo aura pour objectif de répondre à cette question : qui doit gouverner l’Internet mondial ?

 Si jusqu’à présent les Etats-Unis dominaient le dossier sans partage, ces derniers mis à mal avec les scandales des écoutes de la NSA, ont accepté d’abandonné leur rôle central dans la gestion des noms de domaine.
 
Le Brésil largement secoué par ce scandale est à l’initiative de cette rencontre multipartite composée des représentants de gouvernements d’associations et d’organisations en provenance de 87 pays différents. Ils devront donc réinventer une gouvernance pour cet internet mondiale et d’entrée de jeu, plusieurs scénarios s’opposent.
 
La Chine et la Russie prônent un contrôle d’Internet confié à l’ONU, scénario rejeté par Vint Cerf l’un des père d’internet et Neelie Kroes qui craignent que ce scénario pourrait augmenter la censure sur Internet et affaiblir la protection des libertés des internautes.
 
Autre scénario : passer par l’ICANN et réformer l’organisme dépendant du département du commerce Américain pour abolir sa supervision par l’État Américain. Enfin les pays de l’hémisphère Sud, Brésil en tête souhaitent récupérer une partie des serveurs "racines" de l’Internet qui actuellement sont situés pour neuf d’entre eux aux Etats-Unis, trois en Europe et un au Japon.
 
Enfin pour la France, la nouvelle secrétaire d’Etat au Numérique compte également y mettre son grain de sel et prôner "renforcer le rôle des gouvernements démocratiquement élus sur certains sujets."
 
Si le chantier s’ouvre sur ces deux jours à Sao Paulo, d’autres sommets sont d’ores et déjà prévus comme le forum de la gouvernance d’internet prévu en Turquie en septembre.
 
Source : La Tribune