Free, SFR, Bouygues, Numéricable : qui seront les vainqueurs ?

Free, SFR, Bouygues, Numéricable : qui seront les vainqueurs ?

L’heure fatidique approche, les opérateurs ont encore jusqu’à ce soir 20 heures pour déposer leurs propositions de rachat sur le bureau d’Henri Lachmann, membre du conseil de surveillance de Vivendi, supervisant le dossier SFR. Officiellement, seuls Bouygues et Numéricable sont en lice, bien que Le Monde indique d’autres intéressés, comme le fond d’investissement CVC Capital Partners, roder autour de SFR.

 

Toujours relayé par Le Monde, le cabinet Oddo jugerait l’offre de Numéricable comme étant la plus intéressante "financièrement et industriellement" pour SFR. Cette possibilité, concrétisée par un possible LBO comme relayé hier par Univers Freebox, donnerait lieu à des synergies qui résorberaient la dette assez rapidement (une dette proche de 10 milliards de dollars, en comparaison les synergies entre Bouygues et SFR ne produiraient "que" 3,5 milliards de dollars). Cependant, les analystes de Cross Asset Research (Société générale) estiment qu’un rapprochement Bouygues Télécom / SFR ne serait pas inintéressant, dans le sens ou les deux opérateurs ont concrétisé depuis le 31 janvier, un accord de mutualisation des réseaux de téléphonie mobile. La fusion donnerait naissance à une entité qui concentrerait 42,8 % de parts de marché (mais qui fondraient légèrement au profit de Free). Oddo encourage d’ailleurs un rapprochement Bouygues / Free Mobile : "tout le monde y trouverait son compte, le gouvernement pourrait obtenir des engagements sur les emplois, Martin Bouygues pourrait valoriser son actif à un prix attractif [... ], Iliad récupérerait un réseau et n’aura plus à déployer le sien".

 

 

Cette solution semble être la plus avantageuse pour Bouygues, sur la pente douce ces temps-ci, fragilisé par l’effondrement de la rentabilité de Bouygues Télécom et d’Alstom. Le groupe de BTP serait en train de mettre au propre sa proposition, promettant "des engagements sur l’emploi, des garanties en matière d’investissements ainsi que des solutions vis-à-vis de la concurrence", indique une source de BFMTV. Mais niveau portefeuille, Martin Bouygues peut-il se permettre une telle folie ? "Bouygues a potentiellement les moyens de réunir l’argent pour une offre en cash si Bouygues convainc les banquiers des synergies qui se dégageront. Mais ce n’est pas dans l’ADN de Bouygues de mettre le bilan à risque : la culture est plutôt de privilégier le dividende", rapporte Vincent Maulay, analyste chez Oddo.

En effet, le moment est mal choisi, les temps sont durs pour Martin. La dette du groupe Bouygues à doublé depuis 2010, soit 4,4 milliards d’euros. Sans compter que "l’argent généré par les filiales du groupe n’a pas été suffisant pour financer le dividende et les intérêts de la dette", indique un analyste financier. Avec les sous-titres, ça donne : Bouygues à dû emprunter pour payer son dividende.

 

La situation est même plus épineuse qu’elle n’y parait : l’opérateur ne génère plus de cash, et prévoit encore un cash-flow nul pour 2014 (pour rappel, le cash des télécoms représentait 400 millions d’euros en moyenne par an sur 2007-2011, soit 40 % de l’argent qui remontait chez Bouygues). Aujourd’hui, plus rien ne remonte, les actionnaires remplissent eux même la marmite : 700 millions d’euros de recapitalisation en 2012. Autre point fâcheux, Alstom une autre filiale du groupe est aussi en difficulté financière, et voit son dividende baisser. Prét a tout pour remonter du cash vers la maison-mêre, Martin n’a d’autre choix que de vendre ses bijoux de famille : TF1 se sépare d’Eurosport, et Colas vient de vendre Cofiroute.