Martin Bouygues, un discours sur le fixe inspiré de Xavier Niel sur le mobile

Martin Bouygues, un discours sur le fixe inspiré de Xavier Niel sur le mobile

 Ce matin, Martin Bouygues lançait son offensive sur le marché du triple play. Contestant depuis le mois de décembre un marché ou tous les prix sont alignés avec deux offres, l’une autour de 32 €, l’autre autour de 38 €, Martin Bouygues avait donc promis de permettre 150 € d’économie par an soit 12,50 / mois aux consommateurs.

Aujourd’hui, cette offre est annoncée comme une première offensive, avant l’apparition d’autres offres dans les mois qui viennent. Mais curieusement le discours et l’analyse de Martin Bouygues sur le marché du fixe ressemble étrangement au discours de Xavier Niel lors du lancement de Free sur le marché du mobile : 
 
"Un marché mature comme celui-ci a besoin d’être bousculé par des offres innovantes. Nous regardons ce marché, qui a des acteurs bien en place."
 
Faire bouger les lignes, un leitmotiv couplé à celui de répondre au besoin du consommateur, une stratégie bien rodée et largement exploitée par son homologue Xavier Niel, mais qui cette fois est expérimentée par son ennemi juré, Martin Bouygues : 
 
"nous donnons toujours la priorité au consommateur maintenant, nous voulons lui donner du pouvoir d’achat. c’est une offre de rupture à apporter sur le marché." 
 
Il est également question de démocratisation des offres, presque de nécessité vitale d’accéder à internet dans le discours de Martin Bouygues :
 
"On part du principe qu’Internet est un besoin vital. internet est nécessaire à l’éducation, compléter sa vie professionnelle ou chercher des emplois, c’est un outil de tous les jours."
 
Avec un tarif du triple play à 19,99 € contre 32 €, sa promesse est tenue mais la question de la rentabilité d’une telle offre se pose. Entre la location de la boucle locale à Orange et le coût des services proposés, Martin Bouygues confirme rester bénéficiaire : "on ne va pas perdre d’argent, mais entre en gagner énormément et en gagner un petit peu, il reste de la marge." Là encore on peut y voir une analogie avec le discours de Xavier Niel sur les marges plantureuses que faisaient les trois opérateurs Bouygues, SFR et Orange dans le mobile. 
 
Un plan de réduction des coûts est néanmoins en marche.
 
Mais Martin Bouygues ne compte pas s’arrêter là d’autres offres sont dans les cartons au cas ou la concurrence choisirait de contre-attaquer. En décembre, Martin Bouygues avait défié Xavier Niel de "faire la même chose s’il en était capable." Il n’aura finalement fallu que quelques minutes pour que l’offre Alice-Box de la filiale d’Iliad s’aligne.
 
Aujourd’hui, son discours est plus épuré mais il attend la concurrence de pied ferme : 
 
"Ils peuvent réagir, faire des prix encore plus agressifs, nous verrons bien."
 
Une chose est sûre la guerre des prix dans le fixe est bel et bien déclarée.