La 3G de Free Mobile, mais également des autres opérateurs, pointée du doigt dans une nouvelle étude de l’UFC

La 3G de Free Mobile, mais également des autres opérateurs, pointée du doigt dans une nouvelle étude de l’UFC

L’UFC Que Choisir a rendu public ce matin la réactualisation de son étude technique sur la qualité de la 3G. Et dès le sous-titre de l’étude, le ton est donné « Encore plus de « freeture » sur les réseaux ». Univers Freebox a participé à la conférence de presse et vous rapporte les principaux points et questions qui ont été abordés.
 
La méthodologie employée
 
Commençons tout d’abord par le protocole utilisé par le prestataire de l’UFC Que Choisir, puisque c’est ce qui génère le plus de polémique. Tous les opérateurs de réseaux on été testés dans les mêmes conditions sur 3 040 mesures :
  • 2 mesures par réseau et par lieu, avec deux téléphones différents (iPhone 4S et Samsung Galaxy S2) ;
  • 4 zones : la même couverture que l’étude précédente (la région Ile-de-France, Lille et Toulouse) pour pouvoir faire des comparaisons à laquelle a été ajouté Grenoble ;
  • 2 vagues : septembre et octobre 2013 ;
Les usages ont été testés uniquement sur les vidéos (Dailymotion, YouTube, FranceTV Pluzz), audio (Deezer) et téléchargement d’applications sur les deux stores  ;
 
Des taux de non qualité (TNQ) ont été mesurés, basés sur 3 critères :
  • Problème lors du lancement d’une application, impossible de lancer une séquence ou un téléchargement ;
  • Non-démarrage de la séquence au bout d’1 min ou téléchargement non fini en 2 min ;
  • Durée de la séquence inférieure à la moyenne sur l’ensemble des réseaux propres (dehors Free itinérance).
En comparaison, l’ARCEP (dans sa dernière étude sur la qualité voix et données) a réalisé en moyenne plus de 13 000 mesures par opérateur, sur 1 600 lieux.
 
Interrogé plus précisément sur les mesures du réseau Free Mobile propre et en itinérance, l’UFC indique ne pas bloquer les téléphones sur un réseau et a précisé avoir cherché en chaque point si le téléphone basculait sur l’un ou l’autre des réseaux. De ce fait, les points de mesures ne sont pas exactement les mêmes que pour les autres opérateurs puisqu’il fallait attendre que le téléphone bascule sur le réseau propre de Free ou sur l’itinérance d’Orange.
 
Evolution des débits par rapport à l’étude précédente
 
L’UFC Que Choisir a étudié les débits pour chaque opérateur. En ce domaine, Free Mobile progresse, que ce soit en réseau propre (+ 15 pt en ce qui concerne les débits supérieur à 2 Mbits/s) ou en itinérance. 
 
 
On constate qu’en terme de « mauvais débit », Free Mobile est désormais au niveau des autre opérateurs, et en termes de « bons débits » (supérieur à 2 Mbits/s) il se rapproche des autres opérateurs, même s’il est encore un peu en deçà
 
Les services vidéo
 
L’UFC Que Choisir note l’existence d’un problème spécifique à Dailymotion puisque les taux de non qualité des 4 opérateurs de réseau sont en augmentation. 
On constate également une amélioration de la qualité sur le réseau de Free en itinérance pour les 3 services. A l’inverse, une dégradation marquée de la qualité sur le réseau propre de Free pour 2 des 3 services testés.
 
 
Lecture du graphique : les barres en dessous de 0 montrent une amélioration, et au dessus une dégradation.
 
Sur ce deuxième graphique, l’UFC Que Choisir note des taux de non qualité très élevés chez Free Mobile, sur son réseau propre et sur l’itinérance Orange. Les écarts de qualité avec les opérateurs « historiques » sont très marqués sur YouTube et FranceTV Pluzz.
 
 
Mesures globales pour chaque opérateur 
 
L’UFC Que Choisir a regroupé toutes ses mesures pour comparer chaque opérateur et les a comparé avec sa précédente étude de décembre 2012. Ce graphique montre les « taux de non Qualité » (TNQ) moyens pour l’ensemble des services flux descendants, pour des débits supérieurs à 2 000 kb/s
 
 
Selon ces mesures, l’UFC Que Choisir indique que « Les performances de Free se sont très nettement dégradées : la hausse des taux de non qualité sur son réseau propre a explosé de 16,5 points depuis notre dernière étude ! Cette dégradation est bien plus inquiétante et préjudiciable que le taux de non qualité en itinérance, dénoncé en janvier, car à terme, ce sera ce seul réseau qui sera utilisé par l’ensemble des abonnées Free Mobile. Notre résultat interroge donc sur les investissements réellement consentis par l’opérateur pour le déploiement de sa 3G, à l’heure même où il s’emploie à préparer l’arrivée de ses offres 4G »
 
 
Les opérateurs historiques dégradent-ils leur 3G pour faire basculer leurs abonnés en 4G ?
 
L’étude de l’UFC Que Choisir également pointe la dégradation des offres 3G de Bouygues Telecom. En effet, l’opérateur ne propose plus la technologie H+ (dont le débit maximum théorique est de 42 Mbit/s) sur son catalogue (4) pour n’offrir que de la 3G+, d’un débit maximum théorique six fois inférieur. Par ailleurs, son forfait 3G le plus cher n’alloue plus que 500 mégas octets de datas échangeables, loin des standards jusqu’alors en vigueur pour les forfaits premiums (3 gigas). Cette situation apparaît comme une manœuvre visant à dégrader les conditions d’utilisation de la 3G pour valoriser artificiellement la 4G. Faisant de la 4G un enjeu stratégique, il est à craindre que les opérateurs généralisent la pratique, ainsi qu’une baisse des investissements sur les réseaux 3G.
 
Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir entreprend plusieurs actions :
 
Saisit l’ARCEP pour lui demander de fixer dès à présent des exigences sur une qualité de service minimale pour la 3G, et de lier ces exigences à la capacité des opérateurs à exploiter les fréquences 4G. 
 

-  Lance un appel aux consommateurs pour alimenter l’Observatoire de la couverture de l’Internet mobile du territoire qu’elle met en place, en téléchargeant gratuitement son application « Info Réseau » sur le Play Store