Pour Stéphane Richard (Orange), ” il n’y a plus d’argent en Europe” pour investir

Pour Stéphane Richard (Orange), ” il n’y a plus d’argent en Europe” pour investir
 
"Je ne vois pas la nécessité de faire avaler une pilule à un malade. Vous voulez l’achever peut-être ?" Stéphane Richard ne mâche pas ses mots quand il s’agit de parler du marché unique des télécoms porté par la commissaire Européenne Neelie Kroes.
 
A l’occasion d’une conférences entre les hauts responsables des télécoms à Bruxelles, les opérateurs, le PDG d’Orange en chef de file, se sont dressés contre ce projet présenté en septembre dernier par la Commission Européenne.
 
Ces derniers affirment que les nouvelles mesures, destinées faire tomber les frontières au profit d’un marché unique européens, coûteraient des milliards d’euros aux entreprises du secteur, sans les encourager à investir plus rapidement dans le haut débit et les réseaux filaires en Europe. La baisse des frais d’itinérance est considérée comme une importante source de revenu pour les opérateurs, qui ne veulent pas s’en priver. 
 
Pour le PDG d’Orange, investissements et baisses de prix sont incompatibles :
 
"Notre plus gros problème en Europe est que nous n’avons pas de croissance. L’Europe doit accepter l’idée que le prix des services, des nouvelles technologies, doit un peu augmenter. Si ce n’est pas le cas, je ne vois pas comment nous pourrions faire. Il n’y a plus d’argent en Europe."
 
Selon le dernier rapport de BCG, il manquerait 110 à 170 milliards d’euros aux opérateurs pour atteindre les objectifs de l’agence digital 2020 de l’Europe.
 
Neelie Kroes, commissaire Européen aux télécommunications leur a rétorqué que les groupes de télécoms payaient des dividendes élevés à leurs actionnaires au lieu d’investir.