Brouillage de la TNT par la 4G : Orange, SFR et Bouygues doivent prendre en charge des milliers d’interventions

Brouillage de la TNT par la 4G : Orange, SFR et Bouygues doivent prendre en charge des milliers d’interventions
 
Avant même le lancement de l’enchère des fréquences 4 G, des études s’inquiétaient du brouillage de la TNT par certaines fréquences utilisées par la 4G. Un rapport attestait ainsi que tout le territoire national est potentiellement concerné Et de préciser que « l’émission d’un signal LTE dans la bande issue du dividende numérique depuis les sites des opérateurs mobiles génère sur la ville de Laval un nombre de perturbations de la réception TNT plus important que prévu ». L’expérimentation a prouvé que le déploiement de la 4G « nécessitera des mises à niveau des installations de réception TNT plus nombreuses et plus complexes qu’attendu lors des premières études.»
 
Quelques mois après le lancement effectif de la 4G, les perturbations de la TNT sont bien là. Le JDD rapporte que 1500 immeubles ont ainsi été privés de TNT, « pour moins de 300 antennes en fonctionnement ». Et ce sont les fréquences 800 MHz, dites fréquences en or, qui sont la cause de ces problèmes puisqu’elles sont proches des fréquences utilisées par la TNT (790 MHz).
 
Pour l’ANFR, interrogée par le JDD "ce n’est pas inquiétant. Ces incidents sont maîtrisés." Reste que les interventions pour empêcher le brouillage ont un coût, qui reste à la charge des opérateurs. Les perturbations peuvent en effet être supprimées par l’ajout d’un filtre qu’il faut installer en amont de l’amplificateur de la TNT. Cette solution oblige à accéder aux antennes des domiciles par un professionnel.
 
Le JDD explique la démarche en cas de brouillage de la TNT : « Lorsqu’un particulier ne reçoit plus la télévision numérique, il doit contacter l’ANFR, qui se charge de demander à l’opérateur d’intervenir. Dans un délai de trois jours, un "antenniste" est alors envoyé au domicile pour placer sur le relais un filtre neutralisant le brouillage ». Cette intervention est évaluée à une centaine d’euros par SFR. Un coût absorbable par les opérateurs, mais seul 10% du réseau 4G est déployé, et le problème va donc s’accentuer.
 
Free Mobile, qui n’a pas lancé commercialement son réseau 4G, ne sera pas confronté à ce problème. L’opérateur n’a en effet pas obtenu de fréquences 800 MHz et dispose uniquement de fréquences 2,6 GHz. « À quelque chose malheur est bon » dit le proverbe…