Le modele Free Mobile inapplicable en Suisse

Le modele Free Mobile inapplicable en Suisse

Il y a un an Xavier Niel affirmait que sa formule magique pour faire baisser les forfaits mobiles était réplicable partout. Pourtant,depuis un an aucun pays ne s’est essayé à "casser les forfaits" et copier le modèle de Free.

 

En Suisse, ce modèle a été analysé et évalué pour une application en Suisse. Pour Mathieu Fleury, Secrétaire Général de la Fédération Romande des Consommateurs, cette absence s’explique par un marché très difficile à pénétrer.

"Free n’est qu’un opérateur virtuel, qui ne possède pas ses propres lignes. Adapter ce système serait particulièrement difficile, alors que les procédures en vue d’implémenter de nouvelles antennes est particulièrement compliqué ici." 

 

Une situation de monopole pour les 3 opérateurs suisses ( Swisscom, Orange et Sunrise) qui n’est pas sans rappeler celle d’Orange, SFR et Bouygues Télécom avant l’apparition de Free Mobile. Pour le représentant des consommateurs, aucun des 3 opérateurs en place ne lancera d’offensive pour casser les prix. :

" Les opérateurs en place préfèrent garder leurs parts de marché déjà acquises avec les revenus confortables que cela génère. Casser les prix, signifie certes davantage de clients, mais également des revenus plus faibles. Une situation qui n’est globalement pas satisfaisante du tout, puisque les Suisses continuent de payer trop par rapport au service disponible."

 

Pour qu’un tel modèle soit viable, Jacques Bonifay, du groupe Transatel,pense qu’il serait nécessaire de s’appuyer sur un Fournisseur d’Accès Internet puissant pour compenser le manque de marge sur la téléphonie mobile.

Mais l’exemple de Free ne pourrait pas s’appliquer en suisse également pour des raisons de mentalité : «Pour un opérateur du type de Free mobile, qui ne se concentre que sur le réseau, il y a un sérieux changement des mentalités à effectuer.» L’absence de téléphone compris dans le forfait ne serait pas compris par le consommateur Suisse également attaché à l’image de l’opérateur : «Il existe des offres plus avantageuses que Swisscom, mais l’opérateur historique conserve toutefois plus de 75% de parts de marchés.»

 

Une analyse decomparis.ch avait estimé en début d’année, qu’un tel modèle implanté en Suisse permettrait de réaliser une économie de 2.6 milliards de Francs Suisses ( plus de 2 milliards d’euros)

«Un projet de loi sur les télécommunications est en cours, mais tout ce procédé reste trop lent. Le temps qui s’est déjà écoulé à permis au principal opérateur de cimenter ses parts de marchés, et il sera difficile de vraiment faire bouger les choses en Suisse.»

Source : Agefi