D’après une analyse, Free doit casser les prix pour assurer sa survie.

D’après une analyse, Free doit casser les prix pour assurer sa survie.

Interrogé pour le site atlantico.fr, Olivier Babeau professeur de stratégie d’entreprise à l’université Paris 8. Il revient sur le nouveau choc de prix imposé par Free Mobile à ses concurrents. Pour Olivier Babeau la stratégie menée est essentielle pour la survie du 4ème opérateur.

Si en économie le marché pur et parfait se caractérise par une concurrence qui fait baisser les prix jusqu’à un bénéfice nul. Le pouvoir d’achat augmente et le nombre de consommateur augmente.
L’intérêt de Free pour le consommateur est qu’il fait gagner du pouvoir d’achat à ses clients mais aussi aux clients des autres opérateurs obligés d’aligner leur prix sur la concurrence.

Pour la téléphonie et l’ADSL, la limite de ce marché pur et parfait est la nécessité de prévoir innovations et investissement. Le fournisseur d’accès doit également intégrer le coût de l’entretien et de modernisation du réseau pour satisfaire un consommateur également toujours plus exigeant en terme de qualité de service.

En cassant les prix, Free met-il en danger les qualités de services de l’ensemble du réseau de téléphonie mobile ? C’est ce que prétend la concurrence.

Pourtant d’après l’analyse d’Olivier Babeau, la téléphonie mobile est caractérisé par des coûts fixes importants et un variable très faible. De ce fait plus un opérateur a de clients, plus son coût unitaire par client baisse, plus sa marge augmente.

Si en janvier 2012, le lancement de l’offre à 2€ ne permettait à Free de ne proposer qu’1h et 60 SMS par mois, les 4,4 millions de clients glanés par l’opérateur ont fait baisser son coût de production par client et lui permet depuis hier de casser une nouvelle fois les offre des ses concurrents. Plus son parc d’abonnés augmente, plus sa marge de manoeuvre sur les prix augmente.

Selon l’analyste, la stratégie agressive de Free s’explique par un manque d’équipements (un réseau seulement en construction) et un plus faible parc d’abonné. Avec un réseau plus faible que ses concurrents (compensé par le contrat d’itinérance Orange), Free est obligé de tout miser sur le prix pour séduire et garder sa clientèle (surtout avec un forfait sans engagement). A chaque fois que la concurrence s’aligne, Free est obligé de baisser à nouveau ses prix et de se distinguer.
 

Pour l’analyste, Free n’a en fait pas le choix que de séduire de nouveaux clients pour assurer sa pérénité, grossir est une question de survie et pour grossir, Free doit casser les prix….