Free : « Nos concurrents ont perdu l’artifice du quadruple-play »

Free : « Nos concurrents ont perdu l’artifice du quadruple-play »


Nous vous présentions vendredi les résultats d’Iliad, la maison mère de Free. Outre les clarifications de Thomas Reynaud, le directeur financier du groupe ou de Maxime Lombardini, directeur général sur les recrutements haut débit et mobile, il apparait nettement que le mobile encourage le recrutement des abonnés ADSL.

 
Avant l’arrivée de Free Mobile sur le marché, les opérateurs historiques se sont lancé dans des offres quadruple-play. Et pour composer ces offres, les opérateurs n’ont pas tous adopté la même stratégie pour associer un forfait mobile à un forfait ADSL. Orange, avec son offre Open, Bouygues et SFR ont donc proposé des formules d’apparence simples et moins coûteuses.
A ceci près que Free a quelque peu chagriné ce modèle en permettant à ses abonnés de profiter d’un abonnement gratuit ou à 15,99€. Et pour l’instant, la maison mère de Free peu se targuer d’avoir réalisé un joli coup sur le marché du fixe évalué à 10 milliards et sur le marché du mobile qui pèse 24 milliards.

 

Un deuxième effet Free Mobile :
Ainsi, Les Echos estiment qu’il y a un deuxième effet Free Mobile. « Au premier semestre, la Freebox Révolution a séduit 298.000 nouveaux clients alors que, dans le même temps, Bouygues Telecom en a gagné 160.000, Orange presque autant et SFR en a perdu 26.000. Alors qu’au deuxième semestre 2010 Free n’avait recruté que 9 % des nouveaux abonnés ADSL, sur les six premiers mois de 2012 ce taux grimpe à 54 % ». Et pour Maxime Lombardini, cela s’explique par les offres de Free liant le mobile à l’ADSL. Le directeur général d’Illiad estime que ses concurrents ont « perdu l’artifice du quadriple-play ». La « ristourne » proposée dans les offres Open ou Idéo est, depuis le 10 janvier, concurrencée par Free qui totalise 3,6 millions d’abonnés en six mois. Parmi ceux-ci, un certain nombre d’entre eux ont fait coup double en s’abonnant à l’offre Freebox et à l’offre Free Mobile dopant ainsi les chiffres dans le fixe. Au final, si l’activité mobile est en perte en termes de bénéfices, celle du fixe est dopée. Et ce n’est pas pour rien que Free s’adonne a dégrouper de plus en plus de territoires.

 
« Il est normal que dans une phase de lancement – et ça ne durera pas qu’un seul semestre – le mobile soit en déficit, c’est à dire qu’on doit construire un réseau donc on paye des loyers avec pas encore beaucoup d’abonnés ou pas encore suffisamment en face. On a l’itinérance qui est très couteuse, vous le savez ; on a toute l’infrastructure nécessaire, tous les investissements qu’on est en train de faire pour le mobile, et en face on n’est pas encore en période de maturité sur le parc, donc la rentabilité elle va venir relativement vite. Vous allez me demander quand, je ne vous dirai pas, mais on est aujourd’hui encore dans une phase d’investissement, on crée une activité nouvelle, donc on a effectivement une activité qui est en déficit. La bonne nouvelle pour nous c’est qu’on a une activité fixe qui elle est beaucoup plus mature et qui est très rentable, donc on finance comme – on l’a toujours fait – nos investissements pour le futur avec les actifs qui ont été bâtis pendant les 10-12 dernières années » a indiqué Maxime Lombardini au micro de BFM.

 

 

Et pour rebondir sur la détresse de ses concurrents, le directeur général a rappelé que la rentabilité de SFR a augmenté. Face aux reproches de Bouygues, Maxime Lombardini explique : « Il nous dit en gros FREE n’investit pas dans le mobile, dans le fixe, que fait BOUYGUES ? Ils n’ont pas mis un euro dans la fibre optique. Nous on a mis 700 millions. Ils font quoi ? Ils s’installent sur le réseau de Numéricâble. Dans l’ADSL on a dégroupé 4500 répartiteurs. C’est des investissements, on a investi dans l’ADSL 3 milliards sur les dix dernières années. BOUYGUES il fait quoi ? Il fait quoi ? Il va s’installer sur le réseau d’SFR. Ils ont fait 600 répartiteurs et puis après ils utilisent celui d’SFR. Donc c’est un groupe que je connais bien j’y ai travaillé quinze ans, il y a toujours deux discours "je suis ultralibéral quand ça m’arrange, et je suis quasi marxiste quand ça m’arrange, parce qu’il y a un concurrent" ».