Free Mobile agit comme un accélérateur de transformation économique.

Free Mobile agit comme  un accélérateur de transformation économique.

Nous vous en parlions, Challenges consacre sa couverture à Free Mobile. Le succès commercial est indéniable, 2,6 millions de personnes ont choisi le nouvel opérateur et profitent d’une facture mobile moins élevée. C’est certain, Free Mobile contribue à l’amélioration du pouvoir d’achat des français. Au-delà de ce fait, la concurrence a bien du mal à s’adapter et répète inlassablement que Free Mobile a un impact sur l’emploi et sur les investissements dans le secteur. Un point de vue également défendu par le sixième président de la République, Nicolas Sarkozy en mars dernier : "ils ont pensé uniquement à la question du consommateur. Il y a quatre opérateurs aujourd’hui qui licencient tous parce que les prix se tirent vers le bas. C’est la qualité du service qui va être pénalisée, et c’est l’emploi qui va être pénalisé".

 
Ainsi, la concurrence fait ses comptes et certains analystes estimes à 6 milliard de pertes pour les opérateurs historiques. Sur le secteur de l’emploi, les fins de contrats sont annoncées, les contrats de sous traitants sont renégociés et il n’est pas sûr que les embauches effectuées par Free suffisent. Au-delà des sous traitants et des réseaux de distribution externe comme l’enseigne Phone House, la menace pèse sur le service après vente, les hotlines et les syndicats s’en inquiètent. A ceci près que de nombreuses délocalisations ont été opérées à l’époque de l’entente cordiale entre les 3 opérateurs historiques mobiles.

 
En 2010, l’emploi dans le secteur est chiffré à 160 000 après une baisse continue pendant 10 ans.

"Comment garder des téléopérateurs en France quand le salaire y est de 33 euros l’heure, contre 14 au Maroc et à peine 7 au Sénégal ?" souligne un patron des télécoms. Selon les estimations, 3000 emplois indirects sont concernés par le plan de Bouygues, Force ouvrière table sur une suppression de 30.000 à 60.000 emplois directs ou indirects seraient menacés. L’Arcep estime jusqu’à 10.000 emplois, mais probablement sans licenciements, grâce à des départs non remplacés. France Télécom compte aussi sur les départs en retraite. A l’inverse, Free a créé 4.000 emplois, dont 1.000 au dernier semestre et les données gouvernementales montrent une stabilisation des emplois dans les télécoms, autour de 160.000 depuis 2010, après une baisse continue durant dix ans" note Challenges

 
Réduire les dépenses, diminuer les recettes boursières, opérés vers une concentration… Dans ce marché en pleine mutation, les opérateurs ont tendances a jeté la faute sur le dernier acteur.
Si le temps est au déséquilibre, l’exemple outre atlantique montre qu’à terme, le marché devrait se stabiliser. Pour l’heure, les belles années des trois opérateurs historiques sont derrière, il faut se repositionner, revoir le modèle d’une entente qui a trop duré.
Au final, Free reste un trublion, un agitateur. Le quatrième opérateur bouleverse les acquis dans le mobile et agit plutôt comme un accélérateur de transformation économique. En attendant la mise en place d’autres sources de revenus, le marché doit s’adapter à une nouvelle règle imposée par Free.

 
Source : Challenge