Orange : un internet à deux vitesses et plus cher ?


Mercredi dernier, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a déclaré que son groupe a démarré les discussions avec Google dans la perspective de faire payer plus cher les internautes qui veulent un meilleur accès au service : comprenez la segmentation de l’accès aux réseaux Télécoms. Et Google a indiqué être disposé à en discuter.

 
Curieusement, une semaine après la clôture du e-G8 qui a peu traité du sujet de la neutralité des réseaux, Stephan Richard, membre de la délégation qui a rencontré les chefs d’Etat à Deauville, a laissé entendre que sa société allait s’associer à Google pour améliorer l’accès au réseau des internautes qui accepteraient de payer plus cher pour une meilleure qualité de service.

 
Payer plus pour surfer plus :
Stéphane Richard a profité de la journée investisseurs de mardi dernier pour annoncer d’éventuelles collaborations avec des acteurs de la Sillicon Valley. Dans un entretien avec Reuters, le PDG d’Orange a déclaré que « France Télécom voit des possibilités de collaborations inédites avec Google et d’autres acteurs de l’internet et dit percevoir de leur part une ouverture pour discuter de nouveaux modèles économiques ».

 
En effet, il a dit avoir discuté avec le moteur de recherche Google d’une segmentation plus poussée de l’accès aux réseaux télécoms, en faisant payer plus cher aux usagers qui veulent un meilleur service : une connexion plus stable, plus rapide ou prioritaire.

 
En somme, « un meilleur service » à destination des abonnés mais aussi des revenus supplémentaires entre l’opérateur et le géant américain.
"Larry Page m’a dit qu’ils étaient ouverts d’esprit sur ce sujet et prêts à ouvrir des discussions", a déclaré mercredi Stéphane Richard, citant le co-fondateur de Google.

 
Un nouveau modèle économique pour gérer l’explosion du trafic :
Comme ses concurrents, Orange doit faire face à l’explosion du trafic sur son réseau notamment sur celui du mobile, lié à la génération des smartphones et à la popularité de la vidéo et de l’internet sur les portables.

 
Dans sa démarche, le patron de l’opérateur historique n’envisage pas que Google investisse dans les réseaux des opérateurs mais une collaboration est tout de même possible : "Est-ce qu’ils vont payer pour investir à nos côtés dans les capacités de réseau ? Non. Mais si la question est de savoir s’ils sont prêts à collaborer avec nous pour développer des usages plus intelligents du réseau ainsi que pour éduquer les consommateurs, alors oui", a résumé Stéphane Richard.

 
"J’ai trouvé chez Google des gens qui étaient prêts à retravailler leurs algorithmes pour tenir compte des implications en terme d’utilisation des capacités de réseau", a-t-il poursuivi.
"Nous avons décidé de créer des ateliers communs pour voir si on peut contribuer aux services futurs de Google pour réduire leur consommation sur le réseau", a-t-il encore ajouté.
 
Pourtant, Google et Orange se sont opposés à plusieurs reprises sur la question du financement des réseaux : Google a toujours refusé de mettre la main à la poche afin de soutenir la demande de plus en plus importante en bande passante.

 
Google cherche t-il à favoriser son trafic en France, Orange se dirige t-il vers la segmentation d’accès aux réseaux ? Le sujet n’en est encore qu’à l’état de discussions mais les récents partenariats de l’opérateur historique avec Dailymotion et Deezer accréditent la thèse d’un internet à deux vitesses.

 
Source : Reuters, Numerama