Afin de réguler le trafic, l’Arcep aurait dans l’idée d’instaurer une tarification de gros entre opérateurs

Afin de réguler le trafic, l’Arcep aurait dans l’idée d’instaurer une tarification de gros entre opérateurs

 

En janvier dernier, le régulateur des télécoms a demandé aux opérateurs un certain nombre de renseignements sur les moyens utilisés pour faire face à l’inflation de consommation de bande passante.

 
En plein débat sur la neutralité du net qui promet le même accès à tous les internautes et dans un contexte où les usages de la toile sont de plus en plus gourmands en bande passante, l’Arcep cherche à savoir comment les opérateurs gèrent leur trafic.

 
Dans les faits, ceux-ci doivent inévitablement privilégier certains flux au détriment des autres afin d’éviter la rupture. Compte tenu d’un trafic qui pourrait être multiplié par 4 entre 2009 et 2014 selon les estimations de Marc Latouche de Cisco lors du DigiWorld Summit de l’Idate 2010, il est nécessaire de hiérarchiser les usages.

 
Du coup, les éditeurs de contenus sont désignés comme les premiers responsables de l’inflation de la bande passante par les opérateurs. Ainsi, la solution toute trouvée consiste à faire payer en fonction du trafic généré (le peering payant). En catimini, opérateurs et éditeurs passeraient des accords de gestion du trafic en contradiction avec le principe de neutralité du net.

 
Ces accords intéressent vivement le régulateur des télécom. Selon l’AFP, fin janvier, le directeur général de l’Arcep a demandé aux opérateurs et associations représentant les grandes sociétés internet de fournir d’ici fin juin des informations sur les "pratiques de gestion de trafic".

L’Arcep veut « comprendre les modalités économiques qui relient les différents acteurs » souligne une source sous le couvert de l’anonymat.
Force est de constater que les demandes du régulateur sont pour l’instant lettre morte. Les opérateurs rechigneraient à livrer des éléments sensibles concernant par exemple les accords "de peering payant" pour couvrir les surcoûts liés à l’afflux de données.

 
Afin de réguler le trafic, le régulateur aurait dans l’idée d’instaurer une tarification de gros entre opérateurs, comme dans le téléphone mobile. L’audit de l’Arcep doit donc permettre "de savoir avant la fin de l’année si oui ou non il faudra mettre en place" un tel système, souligne la source.

 
Source : Zdnet