L’Autorité de la Concurrence s’oppose au projet de montée en débit de France Télécom

L’Autorité de la Concurrence s’oppose au projet de montée en débit de France Télécom

 

 

Il y a quelques semaines, France Télécom avait annoncé vouloir augmenter les débits sur les lignes actuellement trop longues. Pour y parvenir, il envisageait donc de construire de nouveaux NRA, plus proches des habitations.

 

L’ARCEP a alors soumis le projet de France Télécom à l’Autorité de la Concurrence pour avis. Ainsi que le rapporte Les Echos, c’est donc le 22 décembre dernier que celui-ci a été publié et pour l’Autorité de la Concurrence pour qui ça sera « non ». Elle précise que « les projets de montée en débit […] doivent être réservés à des situations exceptionnelles ». Elle « recommande aux pouvoirs publics de privilégier le déploiement de réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné »

 

Une décision qui à priori peut sembler étonnante mais qui l’est moins quand on connaît les enjeux. En effet, si France Télécom construit de nouveaux NRA, ceux-ci ne seront pas, dans un premier temps, dégroupés. Mais ça va au delà puisque les abonnés reliés à ce nouveau NRA, pouvaient être auparavant sur un NRA dégroupé. Ils se retrouveraient donc du jour au lendemain non dégroupés et ne bénéficieraient donc plus des services liés au dégroupage

 

Le gendarme de la concurrence a estimé que « le recul du dégroupage constituerait donc une régression à la fois dans l’intensité concurrentielle et dans la capacité des acteurs à innover », et que « les consommateurs ne seraient pas assurés de bénéficier des services et des niveaux de prix attendus du fait de la montée en débit ». 

 

De plus, le dégroupage de ces nouveaux NRA coûtera très cher aux opérateurs alternatifs qui n’ont pas les mêmes moyens financiers que France télécom. Une grande partie de ces nouveaux NRA risqueraient donc de n’être jamais dégroupée. Il ne resterait alors plus qu’aux abonnés concernés à choisir entre les offres non dégroupées des opérateurs alternatifs ou l’offre d’Orange, qui a déjà annoncé qu’il n’envisageait pas de fournir la télévision par ADSL dans les nouvelles installations « lorsqu’aucun opérateur tiers ne serait présent ».