Rachat de SFR : Bouygues Telecom tente de calmer l’inquiétude sur les emplois
Face aux craintes de « casse sociale » exprimées par la CFDT, le directeur général de Bouygues affirme que le défi du rachat de SFR ne sera pas de gérer des départs, mais bien de conserver les équipes.
Le projet de rachat de l’opérateur télécom SFR par un consortium réunissant Bouygues Telecom, Free et Orange continue de susciter de vives inquiétudes chez les syndicats. Alors que la CFDT redoute une « casse sociale », le directeur général de Bouygues, Olivier Roussat, a assuré que la priorité serait au contraire de conserver les salariés.
« Le défi est de garder les collaborateurs »
Invité samedi de l’émission On n’arrête pas l’éco sur France Inter, Olivier Roussat a voulu rassurer sur les conséquences sociales du projet. Selon lui, l’enjeu principal ne serait pas la gestion d’éventuels départs, mais plutôt la capacité à maintenir les équipes en place pendant toute la durée du processus.
« Le paradoxe que nous avons n’est pas de savoir comment traiter d’éventuels départs de collaborateurs, c’est comment garder les collaborateurs », a-t-il déclaré. Le dirigeant rappelle que le calendrier de l’opération s’inscrit dans le long terme. « On est en train de parler d’un process qui se termine dans cinq ans et dont le premier enjeu sera de savoir qu’on a la certitude d’avoir les collaborateurs on board pour s’assurer que l’opérateur SFR en tant que tel va vraiment continuer pendant pas mal d’années », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent après les alertes lancées par la CFDT, qui craint que l’opération ne se traduise par d’importantes suppressions d’emplois.
La secrétaire générale du syndicat, Marylise Léon, a ainsi appelé à ouvrir rapidement une négociation entre l’État, les opérateurs et les organisations syndicales. « Il est hors de question que cette opération soit synonyme de casse sociale. C’est aujourd’hui qu’il faut se mettre autour de la table pour anticiper les impacts sociaux », a-t-elle déclaré.
Au sein même de SFR, les représentants syndicaux évoquent un scénario particulièrement préoccupant. Selon Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT de l’opérateur, jusqu’à 8 000 emplois pourraient être menacés si aucune garantie n’est apportée.