Vente de SFR : l’emploi des 9 000 salariés au cœur des inquiétudes, les syndicats exigent des garanties

Vente de SFR : l’emploi des 9 000 salariés au cœur des inquiétudes, les syndicats exigent des garanties

La CFDT appelle à des garanties sociales et au maintien des emplois en cas de vente de SFR à Orange, Free, et Bouygues Telecom.

A l’heure où le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free n’est pas encore acté, les organisations syndicales tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences sociales possibles d’une telle opération. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi appelé à des garanties fortes pour les salariés de l’opérateur auprès de franceinfo.

Elle estime que « cette opération ne peut pas se faire sans qu’il y ait des garanties sociales opposables pour les salariés et le maintien des emplois », évoquant le risque d’une « casse sociale » si le projet venait à aboutir. Les syndicats souhaitent notamment l’ouverture rapide d’une discussion entre l’État, les opérateurs et les représentants des salariés.

Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. Dès l’automne 2025, après l’offre non engageante de 17 milliards d’euros déposée par Orange, Bouygues Telecom et Iliad pour racheter et se partager la majorité des actifs de SFR (offre immédiatement refusée),  les représentants du personnel avaient déjà alerté sur les conséquences possibles pour l’emploi. SFR emploie environ 9 000 salariés en France, et une cession par morceaux pourrait entraîner des doublons dans certaines fonctions et donc des suppressions de postes, notamment dans les fonctions support ou les réseaux de distribution.

Les organisations syndicales réclament ainsi des garanties concrètes en cas de changement d’actionnaire. Elles demandent notamment la préservation des acquis sociaux et des contrats de travail, sans dégradation des conditions actuelles pour les salariés. La CFDT rappelle sur son site également qu’en 2014, lors du rachat de SFR par Patrick Drahi, un engagement avait été obtenu : aucun licenciement économique pendant trois ans. Une mesure que les syndicats souhaiteraient voir reconduite en cas de nouvelle opération capitalistique.

Si le scénario d’un rachat par les trois opérateurs concurrents suscite de fortes inquiétudes, certains syndicats estiment toutefois que d’autres profils d’investisseurs pourraient aussi émerger, potentiellement plus compatibles avec la préservation des emplois et l’avenir industriel de l’opérateur : “Maintenant, soyons clair : si une acquisition par nos concurrents historiques nous préoccupe, d’autres profils d’acheteurs pourraient aussi se manifester et se révéler plus en phase avec les intérêts des salariés. De nouveaux arrivants sur le marché – qui auraient à cœur de s’y implanter solidement – pourraient éventuellement nous permettre de conserver une très grande majorité de nos effectifs”, indique la CFDT.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox