Pannes, tempêtes, sabotages : comment sécuriser et protéger les réseaux fixe et mobile
La CSNP estime que les réseaux télécoms manquent encore de coordination et avance plusieurs solutions pour accélérer leur rétablissement en cas de crise majeure.
Face à la multiplication des catastrophes climatiques, des actes de vandalisme et des cybermenaces, la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) appelle à un renforcement rapide et opérationnel de la résilience des réseaux de télécommunications. Dans un avis publié hier, elle identifie plusieurs solutions concrètes à activer aux niveaux national et local.
Essentiels au fonctionnement des territoires, à l’accès aux services publics et aux communications d’urgence, les réseaux fixes et mobiles sont aujourd’hui insuffisamment préparés aux crises majeures. Pour y remédier, la CSNP plaide avant tout pour une meilleure organisation des acteurs.
Premier axe : améliorer la coordination entre l’État, les opérateurs et les collectivités. La Commission pointe un déficit de pilotage et recommande un rôle renforcé du ministère de l’Intérieur via les préfets, chargés d’animer la préparation et la gestion des crises au plus près du terrain.
Parmi les mesures prioritaires figure la création d’annuaires opérationnels, régulièrement mis à jour, recensant les contacts départementaux des opérateurs de réseaux fixes et mobiles. Inspirés du modèle d’Enedis, ces annuaires pourraient être partagés avec les maires, souvent confrontés à des difficultés pour identifier rapidement les bons interlocuteurs.
La CSNP recommande également d’intégrer les infrastructures de télécommunications dans les plans communaux et intercommunaux de sauvegarde. Cette démarche permettrait de sensibiliser les élus et d’encourager la mise en place de solutions locales de continuité de service et de communication de secours.
Des mesures techniques à déployer dès 2026
La Commission identifie ensuite plusieurs leviers à activer rapidement. Elle appelle d’abord à une intégration complète des réseaux télécoms dans les plans Orsec, afin de garantir la présence des opérateurs dans les cellules de crise et de faciliter l’accès de leurs équipes aux zones sinistrées. Cette mise à jour de la doctrine devrait, selon la CSNP, intervenir dès le premier semestre 2026.
Autre priorité : fournir aux préfets une vision en temps réel de l’état des réseaux mobiles en cas de crise, pour mieux cibler les interventions. La CSNP soutient également la mise en place d’une itinérance en catastrophe, permettant aux abonnés d’un réseau hors service d’être pris en charge par un autre opérateur. Elle estime qu’une impulsion de l’État est nécessaire et que l’Arcep doit en définir rapidement le cadre technique et financier.
Enfin, la Commission plaide pour un accès encadré des opérateurs de télécommunications aux réserves stratégiques de carburant de l’État, lorsque cela est indispensable au rétablissement des réseaux. Pour la CSNP, l’enjeu n’est plus tant d’identifier les faiblesses que de mettre en œuvre sans délai ces solutions opérationnelles afin d’améliorer la résilience des réseaux numériques sur l’ensemble du territoire.
Source : Maire-info