Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouygues pourrait encore prendre du retard

Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouygues pourrait encore prendre du retard

Prévue désormais pour le 5 juin, la finalisation du protocole d’accord autour du rachat de SFR pourrait encore être repoussée. Plusieurs points sensibles restent à régler entre Orange, Free, Bouygues Telecom et Patrick Drahi.

Le feuilleton du rachat de SFR continue de s’étirer. Alors que le protocole d’accord entre Patrick Drahi et le consortium formé par Orange, Free et Bouygues Telecom devait initialement être finalisé le 15 mai, puis repoussé au 5 juin, cette nouvelle échéance pourrait elle aussi ne pas être tenue.

Selon plusieurs sources proches des discussions citées par Les Echos, des points majeurs restent encore à régler avant la signature définitive du memorandum of understanding (MoU), malgré l’accord de principe trouvé le 17 avril autour d’une valorisation de SFR estimée à 20,35 milliards d’euros.

Un accord trouvé… mais encore loin d’être totalement bouclé

Sur le papier, les grandes lignes du rachat sont déjà actées. Mais juridiquement et financièrement, le dossier reste extrêmement complexe. « J’ai bon espoir que cette deadline soit tenue. Mais, à ce stade, il n’y a pas de certitude qu’elle soit maintenue », confie une source proche des négociations aux Echos.

Au-delà des milliers de pages juridiques à préparer et signer, plusieurs sujets sensibles continuent de bloquer les discussions entre les différentes parties. OUtre l’avenir des marques ou des antennes de SFR, l’un des principaux points de friction concerne un complément de prix pouvant atteindre jusqu’à 650 millions d’euros. Ce mécanisme vise à garantir que SFR continue d’investir dans ses infrastructures et ses réseaux durant toute la période précédant l’absorption effective de l’opérateur par ses concurrents.

« L’idée n’est pas de récupérer une société au bord du précipice. Donc il faut trouver un moyen de garantir que SFR continue à investir dans ses réseaux pour rester à flot », explique une source proche du consortium. Les discussions porteraient notamment sur le montant exact de ce complément, ses critères de déclenchement, les modalités de versement et les seuils minimums d’investissements à maintenir chez SFR. Un sujet particulièrement sensible alors que les investissements de l’opérateur ont fortement ralenti ces dernières années.

Le calendrier devient également très serré sur le plan réglementaire. Les opérateurs souhaitent absolument que le dossier soit examiné par l’Autorité de la concurrence française plutôt que par la Commission européenne, jugée historiquement plus hostile aux grandes opérations de consolidation dans les télécoms.

Mais pour cela, Orange doit encore finaliser le rachat de MasOrange en Espagne avant la fin juin afin de pouvoir déposer sa prénotification en France dans les temps. Chaque jour de retard réduit donc un peu plus la fenêtre de tir disponible.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox