Didier Lombard remet une couche sur l’exclusivité d’Orange Sport

Didier Lombard remet une couche sur l’exclusivité d’Orange Sport

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Vos concurrents ne cessent de marquer des points contre vous sur le terrain juridique. Comment l’expliquez-vous ?

Il existe un décalage entre les évolutions technologiques et la perception du marché par les autorités judiciaires. Regardez la décision du tribunal de commerce sur Orange Sport, elle ne se prononce pas sur la question de l’exclusivité, dont a été saisie l’Autorité de la concurrence. Mais elle revient à interdire, à nous comme à nos concurrents, la vente du " multiple play ".

Or aujourd’hui le marché, c’est le " multiple play ", avec l’Internet, le PC, la télévision, les contenus et les services. Les jeunes passent de plus en plus de temps devant leur ordinateur à regarder des vidéos plutôt que devant la télévision. Les nouveaux téléviseurs, présentés en janvier au salon de Las Vegas, intègrent un accès direct à Internet.

Sur les 300.000 abonnés aux offres de services TV lancées depuis août 2008, près de la moitié consomment les contenus des chaînes classiques, comme ils le souhaitent, quand ils le souhaitent. Le mouvement que fait Orange est mondial et il faut que les consommateurs français puissent pleinement bénéficier de cette innovation de la TV interactive.

Et si le Conseil de la concurrence vous interdit de vendre exclusivement vos contenus à vos abonnés ?

Si l’exclusivité disparaissait, c’est un modèle qui explose, pour les créateurs de contenus, du football et du cinéma que nous contribuons à financer mais aussi pour nos concurrents. Car, à partir du moment où une décision s’applique, elle s’applique à tout le monde. Au-delà de la polémique, l’exclusivité est un élément clef pour rentabiliser l’investissement dans l’innovation.

Ce carburant de l’innovation est indispensable. Nous ne sommes plus en monopole, la concurrence est vive, elle joue avant tout sur l’innovation et les nouveaux services qui nous permettent d’être attractifs pour les consommateurs ; nous devons donc pouvoir innover.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur Les Echos.fr