Orange réplique à l’ARCEP et prend Free à partie

Orange réplique à l’ARCEP et prend Free à partie

Nous vous parlions hier des déclarations du président de l’ARCEP, pointant du doigt la responsabilité de France Télécom dans le retard pris dans le déploiement de la fibre en France.<>

Dans cette interview accordé à Challenge, Paul Champsaur déclare que " C’est sur la partie terminale, « en vertical » (dans les immeubles), qu’il (France Télécom) veut imposer sa solution : la pose d’une fibre unique à laquelle se raccorderaient les concurrents Cela pourrait en handicaper certains, tel Iliad-Free qui utilise une autre technologie Nous proposons de tester un compromis au surcoût minime et préservant la liberté des choix techniques la pose de fibres en surnombre Je m’interroge sur les raisons du blocage depuis l’été, par l’opérateur historique, des discussions sur le câblage terminal. Alors que tous les opérateurs avancent vite en sous-sol – plus de 3 millions de foyers ont la fibre dans leur rue, ce blocage entretenu freine le branchement effectif des domiciles".

Suite à cette publication de ce matin, France Télécom a immédiatement réagit au travers d’un communiqué de presse, pointant la responsabilité de Free dans le retard du déploiement de la fibre : « Un accord est ainsi intervenu en septembre dernier avec SFR. Cet accord prévoit d′expérimenter, sur une partie limitée du territoire, tant la solution monofibre (une seule fibre est posée pour chaque client) que la solution multi-fibre (quatre fibres par client). Le Président de l′ARCEP a salué à plusieurs reprises la conclusion de cet accord. Free a refusé juqu′à présent les propositions d′accord qui lui ont été faites, en exigeant le déploiement systématique de la solution multifibres non encore expérimentée et en privant largement les habitants des immeubles fibrés par ses soins, notamment à Paris, de la liberté de choisir un autre opérateur.

Free bloque ainsi la mise en oeuvre d′un accord général sur la mutualisation du fibrage vertical, préalable indispensable au déploiement à grande échelle de la fibre. Dans ces conditions, rien ne peut justifier d′imposer aujourd′hui aux acteurs du marché la solution de fibrage vertical multifibre exigée par Free, a fortiori alors que la viabilité et l′économie de cette solution n′ont pas encore été expérimentées.

Rien ne permet non plus de faire à France Télécom le procès d′intention de vouloir imposer à ses concurrents une solution de fibrage vertical ou une architecture technologique. Il convient de rappeler à cet égard que Free a pu raccorder sans difficulté ses clients dans des immeubles fibrés par Orange selon la solution monofibre, ce qui confirme que cette solution est compatible tant avec le choix technologique d′Orange (architecture GPON, la plus répandue en Asie et aux États-Unis) qu′avec la solution (point à point) que privilégie Free. »

Si un accord doit être trouvé, il doit permettre à chacun des 3 opérateurs d’utiliser le réseau fibre des autres sans réitérer les contraintes qu’impose le dégroupage et surtout sans qu’un nouveau monopole se crée. Dans ces conditions, la pose d’une seconde fibre dans les foyers et un point de mutualisation au niveau du NRO, pour permettre aux concurrents de proposer leurs offres sans contraintes sont des solutions qui garantiraient une saine concurrence et un véritable choix pour les foyers français, quelque soit l’opérateur qui les aura fibré. Si Free propose d’ouvrir son réseau dans ces conditions à ses concurrents, il paraitrait donc normal qu’il en soit de même réciproquement.

Free confiait d’ailleurs récemment à Univers Freebox qu’il déplorait qu’au travers d’un tel accord « France télécom veuille continuer à détenir un monopole, plus bas dans le réseau, mais un monopole. FT ne veut pas de dégroupage au NRO, car cela permettrait à d’autres acteurs de rentrer. France télécom veut également connaitre tous nos abonnés à la fibre. Ainsi l’opérateur historique suit et connait à la seconde près l’état du marché.»