Abonnés fibre : la France fonce vers le titre de championne d’Europe

Abonnés fibre : la France fonce vers le titre de championne d’Europe

La filière du très haut débit en France cravache pour apporter la fibre optique sur l’ensemble du territoire. Un énorme chantier permettant à la France de donner l’exemple et de rayonner à l’échelle du continent.

Tout travail finit par porter ses fruits. Avec le Plan France Très Haut Débit adopté en 2013, la France s’est donné pour objectif de couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit, dans un premier temps avec un mix technologique (80 % de fibre d’ici 2022) et dans un second temps avec la fibre optique (100 % de fibre optique à l’horizon 2025). Il s’agit d’en faire un service universel au même titre que l’eau ou l’électricité.

Selon les derniers chiffres de l’Arcep publiés la semaine dernière, le gendarme des télécoms en France, on dénombre 22,3 millions de prises raccordables, soit plus de 1,4 million de locaux supplémentaires en l’espace d’un trimestre et près de 3,9 millions de plus depuis le début de l’année. 18 millions de celles-ci sont d’ailleurs éligibles aux offres FTTH de Free, d’après la dernière carte d’éligibilité mise en ligne par l’opérateur de Xavier Niel.

Ajoutée au fait que la France fait partie des premiers pays à miser à fond sur la fibre optique, une telle vitesse de croisière en matière de déploiement permet à la France de se présenter comme l’une des championnes de la fibre optique. Selon une étude réalisée sur 39 pays par le Think Tank iDate, en 2026, elle pourrait revendiquer un taux de pénétration de la fibre de 92 % et ainsi prétendre à la première marche du podium européen. “Cette technologie représente désormais plus des deux tiers du nombre total d’accès à très haut débit”, révélait le dernier observatoire de l’Arcep.

Oui, mais…

Trois aspects toutefois à prendre en compte. Tout d’abord, l’installation des dernières prises s’annonce plus compliquée, car celles-ci se trouvent dans les zones moins denses et donc moins rentables pour les opérateurs. D’où les financements plus difficiles à mettre en place.

Ensuite, fibrer n’est pas tout. Il faut s’assurer que le travail soit bien fait, que le réseau soit de bonne qualité. Ce qui ne semble pas être toujours le cas, comme en attestent les récentes critiques de l’Arcep et du gouvernement autour du travail de certains sous-traitants. D’ailleurs, le gouvernement compte lancer prochainement un audit pour s’assurer de la qualité des réseaux déployés.

Enfin, il faudra que les utilisateurs l’adoptent. Fin septembre, ils étaient 9,2 millions à être raccordés en fibre optique, soit 945 000 de plus par rapport au second trimestre 2020. Les opérateurs devront donc les inciter à migrer de l’ADSL vers la fibre optique, avec en filigrane l’extinction du réseau cuivre prévue d’ici 2030. Nul doute que la nécessité d’une bonne connexion à Internet, mise en exergue au cours des derniers mois par le confinement, se présente comme un bon argument.

Source : Les Echos