Olivier Roussat, directeur général de Bouygues dévoile ce qui attend les 530 boutiques et les milliers de salariés de SFR en cas de feu vert de l’Autorité de la concurrence.
Alors que le projet de rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange doit encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence, une question revient avec insistance : que deviendront les quelque 530 boutiques de l’opérateur au carré rouge et leurs salariés ? Invité de La Grande Interview sur BFM Business le 16 juin, le directeur général de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, a apporté plusieurs éléments de réponse.
Concernant le réseau de distribution physique de SFR, le dirigeant a clairement indiqué que toutes les boutiques ne seraient pas conservées. « Vous avez un problème très bête dans les boutiques. Vous avez des boutiques (concurrentes) qui sont parfois les unes à côté des autres et vous avez pour un certain nombre de contrats de boutiques la garantie qu’il n’a pas une boutique de la même marque dans un rayon de 500 ou 600 m. Donc si vous vous trouvez avec une boutique juste à côté, c’est pas possible. Il faut dissocier la partie employeur des boutiques, et la partie physique, l’objectif c’est de reprendre chacun 40 boutiques », a-t-il expliqué. Les trois opérateurs repreneurs envisageraient ainsi de récupérer environ 120 points de vente au total, par conséquent près de 410 boutiques devraient disparaître.
Olivier Roussat a également détaillé le calendrier envisagé si l’opération est validée : « La première étape, elle dure 18 mois, c’est la phase d’antitrust. Pendant 18 mois, il se passe rien. Au bout de 18 mois, si nous avons l’autorisation de faire le deal, vous avez une nouvelle période de 30 mois qui s’ouvre. Cette période de migration est donc pendant toute cette période, vous prenez les clients de la base SFR pour les loger, soit chez Orange, soit chez Iliad, soit chez nous. Et donc dans toute cette période-là, la marque elle continue d’exister pour les clients. En revanche, on l’utilise pas d’un point de vue commercialisation. »
L’objectif affiché est de rendre cette transition la plus transparente possible pour les abonnés concernés. « Et ce qu’il faut comprendre c’est que les opérateurs cherchent à migrer en réduisant au maximum la gêne pour le client, c’est-à-dire que on essaye de faire un maximum de choses, c’est-à-dire on télécharge directement son mobile, on vient le changer de façon sans couture pour lui pour éviter que le client soit gêné par le changement d’opérateur. »
Sur la question sociale, particulièrement sensible, le patron de Bouygues Telecom assure que les effectifs seront nécessaires durant toute la phase de migration des clients. « Le premier sujet à très court terme, c’est tous les salariés qui vont être dans les boutiques parce qu’on peut raisonnablement comprendre que si la marque disparaît, vous avez moins de gens qui se présentent dans les boutiques. Sur le reste, c’est de garder les collaborateurs clairement pendant les 30 mois de migration, il faut faire marcher l’opérateur et il faut que les salariés restent, c’est-à-dire que très concrètement, notre problématique est une problématique d’abord de rétention. »
Concernant les activités entreprises de SFR, le dirigeant se montre encore plus précis. « tous les salariés de SFR Business basculeront automatiquement chez Bouygues Telecom dès le premier jour, puisqu’on achète l’activité dès lors qu’on a l’autorisation par l’antitrust, encore une fois. »
Pour le reste des équipes, une structure dédiée à la migration serait mise en place. « Puis sur le reste, une société va réaliser la migration des clients pour aller vers les opérateurs cibles. Cette société elle dure 30 mois et nous avons besoin que les collaborateurs y restent dans cette société. » Une nécessité qui impose selon lui la mise en place de dispositifs spécifiques afin d’éviter les départs.« Il faut donc mettre en place des plans qui vous garantissent que les gens restent » pendant cette période puis « vous les dispatchez progressivement ».
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