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Bouygues Telecom démontre par A+B les bénéfices du rachat de SFR et pourquoi les prix n’augmenteront pas

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Alors que de nombreux consommateurs craignent une hausse des prix après l’annonce du rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange pour 20,35 milliards d’euros, le patron de Bouygues Telecom assure que le passage à trois opérateurs ne se fera pas au détriment de la concurrence. Dans un entretien accordé aux Échos, Olivier Roussat détaille les garde-fous qui, selon lui, empêcheront toute dérive tarifaire.

Quelques jours après la signature du protocole d’accord entre Altice et le consortium composé de Bouygues Telecom, Free et Orange, les interrogations se multiplient autour des conséquences d’une disparition de SFR. La principale crainte concerne naturellement les prix des forfaits mobiles et des abonnements internet. Interrogé sur le risque de voir les tarifs augmenter, Olivier Roussat, directeur général du groupe Bouygues, rappelle d’abord que le projet devra passer par un examen approfondi des autorités de la concurrence pendant de nombreux mois. « Une opération de cette ampleur passe par une instruction qui dure généralement dix-huit mois. Pendant cette période, les autorités réalisent un test de marché et interrogent tous les acteurs concernés. Leur rôle est précisément d’empêcher qu’une consolidation se traduise par une hausse des prix. L’autorité de la concurrence cherche avant tout à préserver une concurrence effective », explique-t-il.

Des garde-fous pour éviter une hausse des prix

Pour Bouygues Telecom, les autorités disposent déjà de nombreux outils pour maintenir une pression concurrentielle forte même dans un marché à trois opérateurs. Olivier Roussat souligne ainsi que l’autorité de concurrence qui rappelle qui rien n’est encore fait, peut imposer différentes contraintes aux futurs acquéreurs si elles l’estiment nécessaire : « Elle peut imposer des remèdes, des engagements de couverture ou de qualité de service, et s’assurer qu’il existe toujours sur le marché un “maverick”, c’est-à-dire un acteur capable d’animer la concurrence ».

Ce terme de « maverick » est bien connu dans les télécoms. Il désigne un opérateur particulièrement agressif commercialement, capable de casser les prix ou de lancer des innovations qui obligent ses concurrents à réagir. Un rôle longtemps attribué à Free Mobile depuis son arrivée sur le marché mobile en 2012. A ce propos, l’opérateur de Xavier Niel a affirmé cette semaine vouloir continuer à proposer des offres reposant sur l’innovation, la simplicité et des tarifs compétitifs après le rachat de son concurrent. Le trublion assure également qu’il entend conserver son rôle de “maverick” du marché français.

Bouygues Telecom estime par ailleurs que la vision européenne de la concurrence a évolué ces dernières années. Selon Olivier Roussat, le maintien de quatre opérateurs n’est plus systématiquement considéré comme la seule garantie permettant d’assurer des prix attractifs pour les consommateurs.

« Quand Bouygues Telecom est arrivé en 1996, nous avons joué ce rôle. La doctrine européenne semble aujourd’hui moins figée sur l’idée qu’il faut nécessairement quatre opérateurs pour garantir des prix bas. La question est davantage de savoir si un marché à trois peut continuer à fonctionner de manière concurrentielle. Nous avons la conviction que c’est le cas », affirme-t-il. Reste désormais à convaincre les régulateurs français et européens. Le trio Bouygues Telecom, Free et Orange devra démontrer que la disparition de SFR ne se traduira ni par une hausse des prix ni par un affaiblissement de la concurrence sur le marché. Face aux inquiétudes des abonnés, Orange a assuré récemment les conditions actuelles seront maintenues. Sa directrice générale, Christel Heydemann a affirmé que les clients conserveraient leur contrat et leur tarif après leur migration vers leur futur opérateur.

Mais pourquoi une consolidation ?

Si les opérateurs ne comptent pas augmenter les prix, quelle est l’utilité d’une consolidation ? Pour Bouygues Telecom, la réponse est simple : “Les télécoms sont une industrie de coûts fixes. Vous avez des réseaux, des systèmes informatiques, des dépenses énergétiques. Au niveau du marché tout entier, passer de quatre à trois opérateurs permet de réduire cette base de coûts et donc d’améliorer la rentabilité sans augmenter les prix. Les gains dégagés peuvent ensuite être réinvestis dans les réseaux, la couverture, la qualité de service ou la résilience des infrastructures. C’est là que se situe l’intérêt économique d’une consolidation.”

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Maxime Raby

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