Appels d’urgence : une nouvelle norme européenne veut éviter les pannes et bugs critiques

Appels d’urgence : une nouvelle norme européenne veut éviter les pannes et bugs critiques

Géolocalisation précise, transmission de données, vidéo : les appels aux secours deviennent de plus en plus sophistiqués, et l’Europe veut éviter les dysfonctionnements.

Quand on appelle les secours avec un smartphone, beaucoup plus d’informations circulent désormais qu’un simple appel vocal. Position GPS, messages, photos, vidéos ou encore données envoyées automatiquement par le téléphone : les systèmes d’urgence modernes deviennent de plus en plus complexes.

Pour éviter les dysfonctionnements entre opérateurs, smartphones et centres d’appel, l’Institut européen des normes de télécommunications (ETSI) vient de publier une nouvelle norme destinée à améliorer l’interopérabilité des communications d’urgence de nouvelle génération.

Concrètement, l’objectif est simple : s’assurer que tout fonctionne correctement lorsqu’une personne contacte les secours, peu importe son téléphone, son opérateur ou le type de réseau utilisé.

Mieux faire fonctionner les appels d’urgence modernes

Aujourd’hui, un appel au 112 ne passe plus uniquement par la voix. Les smartphones modernes peuvent transmettre automatiquement la position précise de l’utilisateur, des informations de géolocalisation avancée, des SMS ou messages texte, des photos ou des vidéos, ou encore certaines données techniques utiles aux secours.

Le problème, c’est que tous ces systèmes doivent fonctionner ensemble entre différents fabricants, opérateurs télécoms et centres d’urgence. La nouvelle norme de l’ETSI sert justement à vérifier que tous ces équipements restent compatibles entre eux et qu’aucune information essentielle ne soit perdue pendant un appel d’urgence. La spécification technique publiée par l’ETSI définit aussi une méthode standardisée pour tester les réseaux d’urgence nouvelle génération.

L’idée est de vérifier que les différents réseaux communiquent correctement entre eux, que la géolocalisation fonctionne d’un bout à l’autre de la chaîne mais aussi que les appels sont correctement routés vers les bons services, et que les équipements de différents fournisseurs restent compatibles. Cette approche doit notamment permettre de réaliser des tests en laboratoire dans des conditions similaires à celles rencontrées dans la réalité.

L’ETSI insiste également sur un point important : les services d’urgence doivent pouvoir fonctionner indépendamment du réseau utilisé. Que l’utilisateur passe par la 4G, la 5G, le Wi-Fi ou d’autres infrastructures, les secours doivent recevoir les informations essentielles sans interruption.

Une géolocalisation plus fiable pour les secours

L’un des points les plus importants concerne la localisation des appelants. Grâce à une technologie appelée AML (Advanced Mobile Location), un smartphone peut envoyer automatiquement sa position très précise aux secours lorsqu’un appel d’urgence est lancé. Cela peut permettre de retrouver beaucoup plus rapidement une personne perdue, blessée ou incapable d’expliquer où elle se trouve. La nouvelle norme doit garantir que ces informations soient correctement transmises, quel que soit le réseau mobile utilisé.

Les services d’urgence européens évoluent progressivement vers le “Next Generation 112”, une version modernisée du numéro d’urgence européen.

Ce système permet d’intégrer :

  • les appels vocaux classiques,
  • les messages texte en temps réel,
  • les appels vidéo,
  • ou encore les communications automatiques provenant des voitures connectées.

L’objectif est d’offrir davantage d’informations aux secours au moment de l’intervention, notamment dans les situations où parler au téléphone est difficile ou impossible.

Les voitures connectées aussi concernées

L’ETSI rappelle également son rôle dans le développement du système eCall. Depuis 2018, ce dispositif est obligatoire dans toutes les voitures neuves vendues en Europe. En cas d’accident grave, le véhicule peut automatiquement appeler les secours et transmettre sa position.

La nouvelle norme d’interopérabilité doit aussi garantir le bon fonctionnement de ces systèmes entre différents pays et différents réseaux. Ces dernières années, plusieurs incidents ont rappelé à quel point les réseaux télécoms sont devenus critiques pour les appels d’urgence. Les grandes pannes mobiles, mais aussi la disparition progressive des réseaux 2G et 3G dans certains pays, obligent désormais les acteurs du secteur à adapter leurs infrastructures. Les appels d’urgence doivent continuer à fonctionner de manière fiable, même avec l’évolution des technologies mobiles et des smartphones.

Pour l’ETSI, l’objectif dépasse désormais les frontières européennes. L’organisme explique vouloir garantir que les systèmes d’urgence puissent fonctionner de manière cohérente entre différents pays, opérateurs et fournisseurs de technologies. Afin d’accélérer l’adoption de ces nouveaux standards, l’institut organise également des événements de tests grandeur nature appelés “Plugtests”, où industriels et opérateurs peuvent vérifier la compatibilité réelle de leurs équipements.

L’ETSI est aujourd’hui l’un des trois organismes officiellement reconnus par l’Union européenne pour élaborer les standards technologiques utilisés dans les télécommunications et les services numériques.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox