Malgré un cadre légal de plus en plus strict, les appels indésirables continuent de se multiplier. En cause : des centres d’appels basés à l’étranger, hors de portée des autorités françaises, et désormais dopés à l’intelligence artificielle.
Les appels indésirables n’ont jamais été aussi fréquents, ni aussi difficiles à stopper. Derrière ce harcèlement quotidien, un constat s’impose : les centres d’appels à l’origine de ces pratiques sont devenus quasiment intouchables, opérant depuis l’étranger et profitant des limites du cadre légal français. Face à tout cela, beaucoup ont pris l’habitude de ne plus décrocher, sauf en cas de doute. Un réflexe devenu presque obligatoire tant les numéros utilisés sont variés et parfois trompeurs.
Sur le papier pourtant, la réglementation existe et va même se renforcer. Une nouvelle loi doit entrer en vigueur à l’été 2026 pour instaurer un système d’“opt-in”. “Le grand public devra donner son consentement pour être démarché”, explique l’avocat spécialisé Jean-Nicolas Robin. Une évolution censée corriger les failles du dispositif actuel. Car aujourd’hui, “Bloctel ne fonctionne pas bien”, reconnaît-il.
Mais le cœur du problème est ailleurs. La majorité des appels provient désormais de centres installés hors de France, voire hors d’Europe. Et là, le droit français atteint rapidement ses limites. “Les sociétés sont bien souvent en dehors de France”, souligne l’avocat. Résultat : “il est quasi impossible pour la justice française d’aller les toucher à l’étranger.” Dans ces conditions, les sanctions prévues deviennent largement théoriques. “Concrètement, depuis l’étranger, on peut facilement faire du démarchage sans être inquiété.”
À cette impunité s’ajoute une évolution technologique majeure : l’usage massif de l’intelligence artificielle. Les centres d’appels automatisent leurs campagnes, avec des scripts capables de simuler des échanges crédibles et de fonctionner en continu. “Bien paramétrée, c’est plus facile. Et la machine peut travailler toute la journée”, résume Jean-Nicolas Robin. Le démarchage devient industriel, capable de passer des centaines d’appels pour un coût minimal. Isolation, rénovation énergétique, placements financiers ou cryptoactifs : les méthodes évoluent, mais la logique reste la même. Multiplier les contacts pour trouver quelques victimes. “Sur 500 appels, si un seul fonctionne, c’est rentable.”
Face à cette situation, les conseils restent simples mais essentiels : éviter de répondre aux numéros suspects, demander des preuves écrites et se méfier des offres trop attractives. Des réflexes devenus indispensables dans un contexte où la fraude s’est professionnalisée. Cette dérive a aussi des conséquences sur l’ensemble du secteur. Les entreprises françaises, soumises à des règles strictes, peinent à rivaliser avec des acteurs étrangers qui échappent aux contraintes. Certaines ont déjà renoncé au démarchage auprès des particuliers, contribuant à décrédibiliser encore davantage cette pratique. Reste à voir si la prochaine loi, si elle est adoptée, permettra réellement de mettre fin à ces arnaques, ce qui est sûr, c’est que pour les démarcheurs français, cela rajoute une nouvelle contrainte.
Source : France 3
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