La disparition progressive des réseaux mobiles 2G et 3G oblige le secteur de l’énergie à revoir en profondeur ses infrastructures connectées. Compteurs intelligents, réseaux électriques et systèmes de pilotage sont directement concernés par cette transition technologique aux enjeux industriels majeurs.
La fin programmée des réseaux 2G et 3G place le secteur de l’énergie face à un défi technologique majeur. De nombreux équipements connectés utilisés au quotidien reposent encore sur ces réseaux anciens. Si on a beaucoup pu entendre les fabricants d’ascenseurs parler des challenges que la transition engendre, c’est aussi le cas pour les réseaux électriques intelligents, les centrales électriques virtuelles, les systèmes de comptage communicants ou encore les dispositifs dits « behind the meter », installés directement chez les consommateurs pour mesurer et piloter la consommation.
Lorsque les réseaux 2G et 3G seront définitivement arrêtés, ces équipements ne pourront tout simplement plus communiquer. En clair, les données qu’ils transmettent aujourd’hui, indispensables au suivi des consommations, à la maintenance ou au pilotage des infrastructures, cesseront de circuler. En France, les compteurs électriques Linky ne sont pas concernés, car ils utilisent d’autres technologies de communication. En revanche, l’Arcep souligne que certains concentrateurs de données ainsi que des compteurs de gaz ou d’eau intelligents fonctionnent encore avec des modules radio 2G ou 3G.
Pour anticiper cette échéance, la migration vers des technologies plus récentes, comme le LTE-M, a commencé dès 2022, notamment chez Enedis. Cette évolution permet d’assurer la continuité des services tout en s’appuyant sur des réseaux plus modernes et plus durables. Mais ce chantier est loin d’être achevé. Remplacer ou mettre à jour des équipements déployés parfois depuis plus d’une décennie demande du temps, des moyens humains et des investissements importants. Sans cette mise à niveau, ces dispositifs perdront progressivement une partie, voire l’ensemble, de leurs fonctionnalités.
Les conséquences d’un retard de migration pourraient être lourdes. L’impossibilité de faire basculer les services connectés sur des réseaux récents risquerait de perturber l’exploitation des infrastructures énergétiques, de réduire leur rentabilité et de dégrader la qualité de service. À terme, ce sont aussi les consommateurs finaux qui pourraient en subir les effets, par exemple à travers des interruptions de services ou une moindre fiabilité des compteurs connectés.
Pour les entreprises du secteur de l’énergie, cette situation impose donc une réaction rapide. Il devient indispensable de structurer des plans de migration réalistes, prenant en compte les contraintes techniques, opérationnelles et financières. L’objectif est clair : garantir la continuité des services tout en préparant l’avenir.
Car au-delà des difficultés, la fin de la 2G et de la 3G peut aussi devenir un levier d’innovation. Les technologies plus récentes offrent de nouvelles possibilités pour l’Internet des objets appliqué à l’énergie. Elles permettent une collecte de données plus fiable et plus fréquente, essentielle pour optimiser la production, le stockage et la distribution de l’énergie dans un contexte de transition énergétique.
Grâce à ces réseaux modernes, les acteurs du secteur peuvent envisager des usages plus avancés, comme la supervision en temps réel des réseaux électriques, la gestion fine de la flexibilité énergétique, le pilotage de centrales électriques virtuelles ou encore la maintenance prédictive des infrastructures. Ces applications reposent toutes sur l’exploitation de volumes croissants de données, devenues indispensables à la prise de décision et à la performance des systèmes.
Les bénéfices ne concernent pas uniquement les opérateurs. Les entreprises clientes peuvent elles aussi mieux comprendre leur consommation énergétique, identifier les gaspillages ou les usages excessifs, et ajuster leurs pratiques en conséquence. Cette meilleure visibilité ouvre la voie à des économies d’énergie et à une gestion plus responsable des ressources.
La question de la cybersécurité est enfin indissociable de cette transition. Plus les équipements connectés sont nombreux, plus le risque de cyberattaques augmente. Les réseaux cellulaires modernes intègrent des mécanismes de sécurité renforcés, notamment en matière de chiffrement et d’authentification. La migration représente donc une opportunité unique de renforcer la protection des systèmes IoT, à condition que la sécurité soit intégrée dès la conception et maintenue sur toute la durée de vie des équipements.
En définitive, l’abandon des réseaux 2G et 3G agit comme un révélateur pour le secteur de l’énergie. Il met en lumière la dépendance à des infrastructures vieillissantes, tout en offrant l’occasion de moderniser les réseaux, d’améliorer les performances opérationnelles et de renforcer durablement la sécurité. Pour les acteurs concernés, l’enjeu est désormais de transformer cette contrainte technologique en un véritable moteur d’innovation et de résilience.
Source : Informatique News
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