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Brèves

Fibre optique : les réseaux publics de campagne en pleine détresse financière

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La situation est loin d’être positive pour les collectivités en charge de maintenir et exploiter les RIP de fibre optique.

Derrière le succès apparent du Plan France Très Haut Débit, qui a permis de couvrir plus de 90 % du territoire en fibre optique, les réseaux d’initiative publique (RIP) traversent une crise silencieuse. Essentiels pour connecter les zones rurales délaissées par les opérateurs privés, ces réseaux, financés par l’État et les collectivités, entrent aujourd’hui dans une phase critique : celle de l’exploitation. Or, pour certains d’entre eux, les recettes générées ne suffisent pas à couvrir les coûts, menaçant leur viabilité à court terme.

Dans le département de la Charente, la situation est particulièrement alarmante. Thibaut Simonin, président du syndicat mixte Charente Numérique, confie : « Il y a deux semaines, je suis passé à ça de la cessation de paiement. Je ne suis même pas sûr de pouvoir monter le budget de l’année prochaine. » Le déploiement y a coûté 195 millions d’euros, soit 20 millions de plus que prévu, un écart que l’État refuse de compenser. Résultat : les collectivités doivent contracter de nouveaux prêts pour rembourser les précédents, menaçant l’équilibre financier de la structure.

Selon une enquête de la Cour des comptes, 9 RIP sur 10 ont vu leurs coûts de construction dépasser les estimations initiales. Dans le même temps, les recettes générées restent inférieures aux attentes, en partie parce que certains usagers tardent à passer à la fibre. Autre facteur aggravant : les contrats signés avec les opérateurs commerciaux, qui prévoient dans certains cas un droit d’usage pour 20 ans, renouvelable pour un euro symbolique. Une pratique désormais contestée, notamment en Ariège. Par ailleurs, les loyers que versent les opérateurs pour utiliser ces réseaux, autour de 5 euros par abonné, ne suffisent plus à équilibrer les comptes. Walter Martin, président du RIP de l’Ain, résume la situation : « Nous avons fait des simulations à moyen terme et les comptes n’y sont pas. »

Face à cette fragilité grandissante, la présidente de l’Arcep, Laure de la Raudière, a inscrit ce sujet dans son plan stratégique 2030, et une révision des tarifs est attendue d’ici fin 2025. Elle tempère toutefois les attentes : « Le régulateur ne peut pas résoudre seul l’ensemble de ces problématiques », rappelant la diversité des situations locales. Du côté des opérateurs, la Fédération des télécoms affiche sa volonté d’ouvrir le dialogue. Mais pour les élus locaux, il y a urgence à agir. Comme l’a alerté le sénateur Patrick Chaize en ouverture de la conférence de printemps de l’Avicca : « Le prochain pas, on saute. » Une formule qui résume à elle seule le sentiment d’impasse dans lequel se trouvent de nombreux RIP aujourd’hui.

Source : La Tribune

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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