Le patron d’Altice (SFR) estime que “dans cinq ans, plus personne n’aura l’ADSL en France”

Le patron d’Altice (SFR) estime que “dans cinq ans, plus personne n’aura l’ADSL en France”

Patrick Drahi, PDG d’Altice, est confiant concernant l’avancée de la fibre partout en France d’ici 2025.

La maison-mère de SFR a publié hier ses résultats pour le deuxième trimestre 2020 , quelques heures après Orange. Les deux opérateurs ont plutôt bien résisté à la crise et pour Patrick Drahi, la fin de l’ADSL est une affaire de cinq années.

SFR a annoncé avoir recruté 100 000 nouveaux abonnés au Très Haut débit sur le dernier trimestre, un chiffre en hausse par rapport au printemps 2019 (71 000 nouveaux abonnés). Et Orange, quant à lui, a atteint un record de recrutement en fibre avec 238 000 nouveaux abonnés. Une tendance qui permet à Patrick Drahi, relayé par les Echos, d’affirmer que dans 5 ans, “plus personnes n’aura l’ADSL en France“.

Une prédiction en accord avec les objectifs fixés par le Gouvernement, mais il y a du boulot pour SFR.

Le Plan THD prévoit une France totalement fibrée en 2025, ce qui rejoint les dires de Patrick Drahi. Ses déclarations sont donc une promesse de tenir ces engagements. Cependant, SFR va avoir du pain sur la planche sur ce sujet.

Pour atteindre le 100% fibre sur sa base d’abonnés, l’opérateur doit en effet encore migrer ses offres en coaxial vers la fibre. Un chantier qui a démarré en 2020, après un rétropédalage de la part d’Altice, qui annonçait que les migrations allaient se faire “dans les cinq ans qui suivent“. Fin 2025 donc, il ne devrait plus y avoir aucun abonné connecté au réseau câblé de l’opérateur. Un projet important et complexe, d’autant plus que d’après Stéphane Richard, le déploiement de la fibre devrait accuser un report de deux trimestres, la faute à la crise sanitaire.

Pour rappel, à la suite du rachat de SFR par Numéricable, les nouveaux abonnés SFR se sont vus systématiquement connectés au réseau câble de l’opérateur (si celui-ci était présent) même si le FTTH était disponible. Cela permettait à l’opérateur d’amortir son réseau câblé, et c’est une des raisons pour lesquelles il avait un peu laissé à l’abandon le déploiement de la fibre. 

La fin du réseau cuivré fait toujours débat

La fin de l’ADSL doit aussi passer par le démantèlement du réseau cuivré. Il s’agit d’une réelle pomme de discorde entre Orange, qui s’en occupe, et ses concurrents. D’un côté, l’opérateur historique veut en augmenter le prix depuis 2018, tandis que ses concurrents souhaitent une baisse dans les zones fibrées voir une stabilisation du prix contre la fermeture de la commercialisation de millions de prises ADSL.

L’ex-France Télécom promet cependant des premières fermetures techniques en 2023, pour une fin du cuivre prévue en 2030, et n’entend pas gagner du temps pour gagner de l’argent, mais ne prévoit pas non plus d’accélérer le mouvement.